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Coeur de dragon

Draco, le dernier des dragons, particulièrement réussi dans ses expressions, est le premier grand atout du film. Le premier film digne de ce nom où un dragon réussi est porté à l’écran.

Draco, le dernier des dragons, particulièrement réussi dans ses expressions, est le premier grand atout du film. Le premier film digne de ce nom où un dragon réussi est porté à l’écran.

Pour notre sixième pilier, point d’épée magique à brandir, de barbare qui fracasse tout, même les tronches de chameaux (scène de Conan), point de décors oniriques ou de démons (Legend), encore moins de glands magiques qui transforment en trolls (Willow), mais un dragon, et quel dragon ! Le plus réussi, le plus expressif et le plus drôle des dragons au moment où le film est sorti (depuis, Smaug l’a largement supplanté)… Je veux parler bien sûr, de Draco, le dernier dragon du film « cœur de dragon », sorti en 1996, réalisé par Rob Cohen.

-  Rob Cohen qui avait déjà filmé un dragon dans son précédent film, mon petit vieux. Eh oui, et ça tu le savais pas je parie.

- Euh non, j’avoue mon ignorance, c’était quoi ce film ?

- « Dragon, l’histoire de Bruce Lee »… Ah ah ! je t’ai bien eu. Mais je te promets que l’info est véridique. Mais pour être sérieux deux minutes, tu fais de ce film le premier vrai film de dragon, j’ai souvenir d’un film « le dragon du lac de feu » sorti en 1981 où le dragon avait de la gueule.

- C’est vrai, mais il n’apparaît vraiment que dans la scène finale et on devait se taper 1h30 de bouillie infâme, niveau scénario et jeu d’acteur, pour se réjouir 5 minutes à la fin. Je ne pouvais décemment pas en faire un « pilier » de mon heroic fantasy. C’est à mon sens, un beau nanar qui vaut le détour pour son final, mais que l’on peut regarder en répondant à ses messages. Et puis je crois vraiment qu’en le revoyant, on se dirait « c’était ça le dragon ? Tout ça pour ça ! » Nous sommes en 2018, plus en 1981 (date de sortie du film). Non le premier film avec un dragon crédible, et expressif, c’est « cœur de dragon ».

- Oui, t’as sûrement raison. Je remarque que dans ton lancement, tu ne fais aucune allusion à ton 4ème «pilier», « Ladyhawk ». Te connaissant, je suppose que ce n’est pas un oubli involontaire de ta part.

- Ah Harken, tu me connais bien en effet. Si « Cœur de dragon » n’a pas grand-chose en commun avec « Excalibur », « Conan », « Legend » ou « Willow », il partage avec « Ladyhawk » deux choses importantes : son côté plus « médiéval » que fantastique, et l’histoire d’une malédiction qui sert là aussi de fil conducteur à un scénario, il faut bien le reconnaître « un brin tiré par les cheveux ». L’histoire est censée se dérouler en Angleterre, en l’an de grâce 984. Lors d'une révolte paysanne, Einon, le fils du roi (David Thewlis) alors sous la responsabilité de son tuteur, un chevalier adepte de l'Ancien Code établi par le roi Arthur, est gravement blessé par une paysanne. Einon, mourant, est alors présenté à Draco, un noble dragon qui le prend en pitié et lui sauve la vie en partageant son cœur avec lui...

Les années passent, Einon grandit, devient un espèce de roitelet boutonneux imbu de lui-même et de son pouvoir. Car en tant que nouveau monarque, le gamin se montre particulièrement cruel et tyrannique. Bowen quant à lui, (l’excellent Dennis Quaid) est devenu un chevalier renégat et aigri, qui a juré d'exterminer tous les dragons de la terre.

- C’est nul, c’est lui qui a amené l’enfant au dragon et c’est le dragon qui l’a guéri malgré ses réticences au départ. Et maintenant, môsieur veut tous les tuer ! Pas très reconnaissant ton preux chevalier.

- Oui mais Bowen pense que c’est le dragon qui a corrompu l’âme et le cœur de son jeune prince. Et à ce moment du film, je vous rassure, je ne spoile pas (on n’est qu’à la dixième minute environ) Bowen n’a rien d’un preux. Lors d'une nouvelle chasse au dragon, notre chevalier rencontre un moine et poète appelé Gilbert de Glockenspur, étonné de ses exploits décide de le suivre et de noter ses performances... Jusqu'à ce que le destin le mette en face du dernier des dragons, qui n'est autre que Draco... Et là, le film démarre vraiment. L’entrée en scène du dragon est remarquable.

- Oui, le dragon, c’est le point fort du film, je suis d’accord avec toi, et c’est sa présence à l’écran qui te permet de classer le film comme pilier de l’heroic fantasy. Il est vraiment expressif, drôle, les dialogues sont savoureux, on peut juste regretter que ce ne soit pas sa voix française, Jean Claude Michel, qui l’ait doublé dans la version française. J’adore Philippe Noiret, mais sa voix pour le dragon, ça me fait mal aux tripes.

- C’est sûrement pour cette raison que la production communiquera très peu sur l’interprétation de Philippe Noiret. En se privant du même coup de la voix de Sean Connery, un atout indéniable pour ceux qui l’ont vu en version originale, c’était pas très malin de leur part, un choix peu judicieux.

Pete Postlethwaite sur le tournage, en compagnie de Dennis Quaid… Deux vraies gueules de cinéma.

Pete Postlethwaite sur le tournage, en compagnie de Dennis Quaid… Deux vraies gueules de cinéma.

- Par contre, ce qui est judicieux, c’est le choix des acteurs. Très bon le casting. Dennis Quaid, cheveux longs et barbe, est très crédible en chevalier baroudeur, désabusé. Il avait déjà crevé l’écran dans « l’étoffe des héros » (1983), « L’aventure intérieure » (1987) ou « Wyatt Earp » en 1994. Une valeur sûre pour le film, donc.

- Et que dire de Einon, l’excellent David Thewlis, que l’on avait déjà vu en détective dans Fatale (1992) et surtout dans le rôle de Paul Verlaine aux côtés de Léonardo Di Caprio dans le film « Rimbaud Verlaine », tourné en 1995. Mais pour les amateurs de fantasy, et afin que tout le monde sur ce blog puisse mettre un visage sur ce nom, il est et restera l’inénarrable Remus Lupin de la série « Harry Potter ».

- Il tient aussi le rôle d’Ares dans le « Wonder woman » sorti l’année dernière. Mais il y a un autre personnage qui a dû beaucoup te plaire dans le film, je me trompe ?

- Oui Pete Postlethwaite, le père Gilbert de Glockenspur. J’adore cet acteur, il a comme on dit une vraie « gueule ». Il a une filmographie longue comme le bras, mais beaucoup de seconds rôles, et je veux lui rendre hommage car il a su crédibiliser, et rendre ces seconds rôles plus épais, plus attachants, plus marquants. Pour que tout le monde ici puisse se représenter le bonhomme, car vous l’avez sûrement croisé dans un film, je vais citer quelques apparitions dans certaines productions qui frôlent les chefs d’œuvre. Il est le capitaine Beams du « dernier des Mohicans (1992), le Kobayashi d’« Usual suspects », et plus récemment, il est apparu dans des œuvres fantasy comme « Solomon Kane » (2009) ou « le choc des titans » (2010). Vraiment un acteur qui gagne à être connu.

 

- Oui, mais avec un nom pareil, il partait avec un handicap, ton Pete Postmachin… Mais n’empêche que ce n’est pas juste sa « gueule » qui t’a plu. Allez avoue ! Le père Gilbert, dans « Cœur de dragon », est une sorte de script, genre poète troubadour, qui lui, est en quête d’un bon sujet… Un peu comme toi, une sorte de barde. Et il va trouver son inspiration auprès de Bowen, un peu comme toi à mes côtés.

- D’accord, j’ai relaté une partie de tes aventures dans mon bouquin (« la trahison des alchimistes », aux éditions Baudelaire… PUB), mais quand même, tu te donnes beaucoup d’importance. Le père Gilbert donne à Pete Postlethwaithe l’occasion de jouer un personnage croustillant, haut en couleur, cabotin et maladroit à souhait. Il est très drôle quand il cherche ses rimes au cœur de la bataille et les oublie dans la seconde qui suit sans avoir pu les coucher sur son parchemin. La frustration de l’auteur qui pense être passé à côté de son chef d’œuvre, je connais…

- Oui, bon, on a bien rigolé, mais « Cœur de dragon » n’est pas u chef d’œuvre non plus et connut un succès très moyen. 580 000 entrées seulement en France.

- Mais il rapporté plus du double de son budget en Amérique du nord, plus de 60 millions de bénéfices, c’est pas mal. Et puis on s’en fout, nous, on parle que des films qu’on aime et que l’on veut réhabiliter. On sait bien que ce n’est pas un chef d’œuvre, mais on assume. Le film vaut pour ses défauts aussi. En tous cas, c’est tout public, vous passerez un agréable moment.

PS : me demandez pas pourquoi j'ai un paragraphe de souligné... Pas moyen de retirer le soulignage... Même après maints copier/coller différentS !!! J'ai abandonné après vingt minutes d'essais infructueux... Suis barde aussi, pas informaticien...

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