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Gagner la guerre - la BD -

Gagner la guerre - la BD -

GagnerGagner la guerre – La BD : tome 1 « Ciudalia » (Genêt – Jaworski) – Editions Le Lombard

Une critique rédigée par Harken, la première d'une longue série sur les critiques de BD.

 

Me voilà remontant les rues de notre belle cité, tout guilleret, m’arrêtant aux diverses échoppes que je rencontre, sans même l’intention d’y dérober quoique ce soit, mais plutôt, prêt à y dépenser quelques pièces de monnaie pour devenir propriétaire de quelques parfums précieux ou autre onguent…

Mais qu’est-ce qu’il m’arrive ? Voilà un comportement bien surprenant de la part d’une personne exerçant ma profession, me direz-vous…

En vérité, j’ai passé une nuit…une nuit…Comment dire ? Avec une sacrée petite féline rencontrée à l’auberge de la fesse heureuse…et pour tout dire, je n’ai pas beaucoup dormi…Bon, je ne vais pas vous faire un dessin…Ce blog est ouvert au grand public et non à un public averti. Donc, je ne serai pas graveleux et n’en dirai pas plus sur cet exercice physique qui m’a occupé « une bonne part d’une si belle nuit » (pour les connaisseurs, c’est tiré du « Cid », cette fameuse pièce du Troubadour Corneille) qui fait du bien au corps et à l’âme… Et pour tout dire, je me sens sur un petit nuage, même amoureux. C’est un peu rapide, me direz-vous, et pourtant, j’en ai connu des filles. Mais là, je ne sais pas, il y a truc différent et ça joue sur mon comportement car : « Me voilà remontant les rues de notre belle cité, tout guilleret, m’arrêtant aux différentes échoppes que je rencontre, sans intention d’y dérober quoique ce soit prêt à dépenser quelques pièces de monnaie … ».

Enfin bref, je suis dans cet état vaporeux qui suit certains moments magiques de notre existence, lorsque Breth déboule sur moi sans crier gare.

« Non mais, tu te fiches de moi ! Je viens de lire le titre de ta nouvelle chronique, ce qui m’a coupé net dans l’envie d’en lire plus. Si ça t’ennuie de faire des chroniques, tu me le dis ! Mais tu n’essaierais pas de me faire passer la même critique une seconde fois par hasard ? Je sais lire et ai encore un peu de cellule grise dédiée à la mémoire : ta chronique sur « Gagner la guerre », tu l’as déjà faite !

- D’abord : « bonjour mon cher Breth ». C’est en ces mots qu’en général les gens civilisés, et même les amis, engagent une conversation. Je te rappelle tes mots bien pédants que tu me sors à l’occasion : « L’homme est un animal social qui, pour vivre dans une société harmonieuse, se doit de respecter quelques règles, qu’il s’agisse de lois ou encore d’usages… » (Ce à quoi en général je te réplique : « l’homme est un loup pour l’homme et les règles sont faites pour être enfreintes sinon la vie serait monotone ». Mais ça, je ne l’ajoute pas ici car ça contredirait mon propos). Il y a donc quelques usages élémentaires à respecter quand une personne en rencontre une autre, la plupart du temps elles se disent : « bonjour », ou avec certaines nuances lorsqu‘elles sont plus familières : « Salut ». On peut ajouter : « comment ça va ? ». « Comment va ? » marche aussi…

- Bon, ça va, ton cours de morale à la petite semaine, tu peux te le garder. Donc, je recommence : « Bonjour Harken. C’est quoi c’bordel ? »

Il est énervé et je ne vais pas gâcher mon plaisir d’en rajouter une petite couche…juste une…C’est un petit plaisir personnel : voir mon barde préféré fulminer et monter dans les aigus.

« Bonjour Breth. Non, je n’étais pas dans un « bordel », mais bien chez moi avec qui tu sais. Et puis, tu m’étonnes vraiment à utiliser ce vocabulaire de gueux. Un tel mot dans la bouche d’un barde de ta renommée, je ne trouve pas ça véritablement élégant. Mais peut-être n’es-tu plus ce Ménestrel dont on vante les mérites aux quatre coins du Royaume et peut-être es-tu devenu un simple crieur des rues ? »

Il ne faut pas toucher à son art…Je sens qu’il commence à monter dans les tours, mais un clin d’œil de ma part le fait se dégonfler d’un seul coup, et le voilà beaucoup plus calme.

« - C’est bon, je me calme, dit-il. Aurais-tu l’extrême obligeance, mon cher ami, de m’expliquer les raisons de ta nouvelle chronique ?

- Ah ! Ben voilà quand tu veux. »

Nous poursuivons notre chemin le long des échoppes discutant d’un ton plus détendu de ma nouvelle chronique : « Gagner la guerre – La BD ».

« Tu vois, lui dis-je, tout est dans le titre. J’évoque la BD qui porte le même titre que le roman dont j’ai fait l’éloge il y a peu. En fait, il y a un piège : le titre leur est commun mais pas l’histoire.

- Là, je ne te suis pas.

- En fait, Jean-Philippe Jaworski, l’auteur du roman éponyme, avait, avant son roman, écrit une nouvelle qui figure dans le recueil « Janua Vera » avec l’intitulé « La mauvaise donne ». La BD est présentée, pour des raisons marketing comme une adaptation du roman, alors qu’elle n’en est que le prélude et que son scénario est fondé sur la nouvelle.

- C’est malin…

- Oui, l’interrompis-je, mais pour autant le fan du roman s’y retrouve largement. Tous les éléments qui ont fait son succès sont présents : l’univers, les protagonistes et l’atmosphère. Il manque juste l’humour. L’histoire se déroule à Ciudalia (cf chronique sur le roman), avec comme personnage principal Don Benvenuto, mais aussi Leonide Ducatore, pas encore Podestat (cf chronique sur le roman) et une ambiance de complots, de manipulations, de trahisons et d’assassinats. »

Gagner la guerre - la BD -

Je vois mon compère le sourire en coin et qui sait que je me délecte à prononcer ces mots : complots, manipulations, trahisons…à l’exception d’assassinat bien sûr (je ne suis pas de cette guilde-là).

« L’action principale se déroule à Ciudalia, alors que Don Benvenuto, fripouille attachante, intelligent et membre renommé de la guilde des Chuchoteurs, guilde d’assassins de la ville, accepte un contrat destiné à poinçonner un bourgeois de cette cité, qui n’est pas sans rappeler la Renaissance italienne. Malheureusement pour lui, Benvenuto ne parvient pas à remplir son contrat, et tombe les deux pieds dans un traquenard ; le chasseur se fait proie et il se rend compte qu’il s’est fait duper, ainsi d’ailleurs que le parrain qui l’a lancé sur ce contrat…

- Complots, manipulations, trahisons et assassinats…On y est !

- Exactement. A cette histoire principale, se greffe, au moyen de flash backs, une histoire parallèle qui se déroule 3 années auparavant, où il est question de Don Benvenuto et d’un personnage directement impliqué dans l’histoire principale : Leonide Ducatore (le Podestat dans le roman) et où l’on découvre la vraie nature de ce dernier. Je n’en dirai pas plus pour ne pas trop en dévoiler. »

Breth acquiesce à ma dernière remarque. Puis fronçant le sourcil ajoute :

- Mais c’est une BD et tu ne me parles même pas du dessin.

- Effectivement, c’est une BD. L’adaptation de la nouvelle est magnifiquement réalisée par Frédéric Genêt tant s’agissant des dialogues que du dessin. Ce dernier est précis et de très belle facture. Les personnages sont soignés et le décor nous plonge véritablement en pleine Renaissance italienne. Genêt a cru devoir (et il a eu parfaitement raison) d’ajouter une belle carte au début de l’ouvrage, laquelle manquait dans le roman pour bien visualiser les forces en présence.

- J’en conclus que tu as été conquis.

- Oui et surtout que si l’adaptation est de Genêt, Jaworski n’est pas loin. Il signe en effet un préambule plein d’élégance qui évoque la genèse de son personnage principal et qui ne manque pas de démontrer que Don Benvenuto, aussi répugnant qu’il puisse être de par son métier, est devenu pour l’auteur une créature bien réelle, qui pourrait lui échapper un jour. Mais ça, mon cher Breth, c’est récurrent chez de nombreux auteurs : leurs personnages prennent vie et les hantent souvent longtemps. Tu en sais quelque chose, cher Troubadour ? »

Mon ami s’empourpre lorsque j’évoque cette idée ; une façon pour lui d’acquiescer avec humilité.

C’est alors que je tombe sur « L’échoppe aux mille parfums » dans lequel je me précipite, certain de trouver un présent pour la belle qui occupe mes pensées et mes nuits, laissant planté dans la rue mon ami barde, rosissant des pommettes et probablement plongé dans ses pensées, se remémorant les personnages auxquels il a donné naissance et qui ne manquent pas de le hanter…

Pour conclure : on attend avec impatience la suite et pour les fans du roman précipitez-vous sur la BD vous retrouverez le plaisir de passer de nouveau un bon moment en compagnie de Don Benvenuto et tout son monde (avec l’humour en moins, seul petit bémol au final).

Harken.

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E
Bonsoir Harken je partage dans mon défi les écrivains bonne soirée à toi bisous
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