Overblog
Editer la page Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

La malédiction de la succube

La malédiction de la succube est le roman tiré des chroniques publiées sur ce blog, les aventures hilarantes et décalées (mais toujours fantasy !) de Breth (le barde) et de Harken (le voleur). Les premiers chapitres sont en libre lecture sur cette page, mais le roman commence avec "la mort d'un géant" (chapitre 3 ;-)

Pour commander, y'a qu'à cliquer sur le lien ci-dessous.

Le livre existe aussi en version kindle (4.99 €)

La malédiction de la succube
La malédiction de la succube
La malédiction de la succube

Chapitre 1

Qui suis-je ? Qui sommes nous ?

 

- Mon premier post… Notre premier post va tenter de répondre à cette question délicate… Délicate, oui, car vous l'aurez deviné, Breth Harken n'est qu'une identité, un rôle, je n'aime pas le terme de pseudo.

 

- Par contre, rôle, tu dois aimer ce mot. Ca te rappelle des souvenirs !

 

Ah oui, petite précision, j'ai oublié de faire ce que tout auteur ne doit jamais oublier de faire, poser l'action, et situer la scène. Je suis dans une auberge, devant une bière mousseuse, en compagnie de mon compagnon, Harken. J'essuie le résidu de mousse autour de mes lèvres avant de répondre.

 

- Ca oui, tu sais que chaque mot, dans ma bouche est lourd de sens, et tu es bien placé pour le savoir,  Harken. Tu étais déjà voleur au temps de nos premières parties de jeu de rôle. Tu ne t'appelais pas Harken à cette époque, mais rassure toi, je tairais ton nom pour ne pas attirer vers toi tous ces pigeons que tu as plumé, ces bonnes âmes innocentes que tu as délesté de quelques biens précieux.

 

- Innocentes, innocentes, comme tu y vas. Peut-on écraser les autres, s'enrichir et dominer tout en conservant son innocence ? J'ai juste participé à ma façon à une forme de redistribution des richesses.

 

- Tu as trop lu Marl Karx, Harken. Redistribution des richesses, tu divagues…

 

- L'or qui passe de main en main, c'est de la redistribution. La fortune d'un riche marchand qui finit entre mes mains, se retrouve très vite dépensé : que penses-tu de ma nouvelle dague ? De son fourreau magnifique en cuir ? De cette belle chemise aux liserés d'or ? Ose dire que tu n'es pas content de te retrouver face à moi à bouffer tes fayots, et boire ta bière, toute droit sortie des brasseries de Bir Vanheim ! Parce que ce ne sont pas tes jolis écrits sur parchemin qui nous font vivre, mon ami, ce sont bien mes rapines !

 

Eh oui, il nous arrive de ne pas être en accord sur tout (d'où l'intérêt de ce blog) et Harken n'a pas tout a fait tort. Je baisse le nez sur ma timbale et déguste cette bière en songeant au pauvre bougre que mon ami a dû dépouiller pour me l'offrir.

 

(La suite en cliquant ci-dessous)

Chapitre 2

La réponse de Harken

 

- Mon cher Breth, je te sens tout en verve ! Cette nouvelle aventure t'a rendu tous tes moyens, voire plus. Je te savais conteur, te voilà chroniqueur, je te savais chanteur, te voilà chatteur.

 

Nous sommes toujours dans cette auberge, et oui, j'ai déjà vidé trois bières, et je ne compte pas en rester là. Je compte même « enterrer » mon ami, qui je le sais, tiens moins bien l'alcool que moi.

 

- Eh oui ! Me répondit Breth après avoir enfin vidé sa première chope. Je me réjouis d'avance que nous collaborions ensemble à faire connaître et reconnaître le monde de la fantasy et de l'imaginaire.

 

- Tout cela s'annonce sous de bons hospices. Pour moi, voleur, qui dépends d'une Guilde qui a plutôt le culte du secret, m'associer à un grand esprit comme le tien pour coucher nos chroniques sur le vélin est plutôt une première...

 

- Tu verras, ce n'est pas tout à fait du vélin : c'est un support moderne plus métallique...[Mais évitons les anachronismes...] 

 

- En tout cas, je te sais gré de ne pas avoir révélé mon identité ; nombre de nos lecteurs pourraient effectivement avoir été délestés de quelques surplus par votre serviteur.

 

(La suite en cliquant ci-dessous)

Chapitre 3

La mort d’un géant

 

Aznavourian est mort ! La nouvelle m’a remué au point de m’obliger à prendre une chaise et me rasseoir. Bon, c’est vrai que j’allais quitter l’auberge et que j’avais un peu abusé de l’hydromel.

Aznavourian est mort ! Le plus grand des troubadours, celui que l’on croyait immortel, celui qui avait donné envie à tous les bardes, de s’essayer à la chansonnette, est mort dimanche !

L’arme à l’œil je me souviens de ses titres qui ont bercé mon enfance et fait naître ma vocation de barde… C’est vrai qu’il n’était plus tout jeune, le gnome ! Oh n’y voyez aucune moquerie de ma part, il n’était pas bien grand et dans le cercle fermé des bardes, nous le surnommions affectueusement « le gnome »… Mais du haut de son mètre soixante-cinq, il nous dominait de son talent. Il s’en est allé alors qu’on le croyait immortel !

Aussitôt l’idée de sa mort acceptée, mais peut-on seulement refuser ? Une autre idée germe dans mon esprit… Celui de lui rendre hommage…

 

(la suite en cliquant ci-dessous)

Chapitre 4

Un nouveau compagnon

 

                  

                   Le fuyard sort de sa cachette aussitôt ses poursuivants partis. Il est jeune, la vingtaine, brun et plutôt avenant. La foule se regroupe bientôt autour de nous, et avant qu’il ne prononce un mot, je lui prends le poignet et l’invite à quitter la place au plus vite. Le sergent n’est pas très fûté, mais il n’est pas totalement idiot, il risque vite de s’apercevoir que je lui ai indiqué une mauvaise direction. Et puis, au milieu de cette foule, parler peut s’avérer risqué, trop d’oreilles indiscrètes. Moins il en dit et mieux ce sera.

 

- Messieurs, je vous remercie, lâche-t-il d’un air enjoué tandis que je le traîne littéralement derrière moi.

 

Je le tire comme un gosse qui refuserait de rentrer chez lui, tandis que Harken couvre nos arrières, à l’affût du moindre regard suspect ou haineux.

 

- Laissez-moi au moins me présenter, reprend le fugitif. Je sais qui vous êtes, je suis honoré, je…

 

Je me retourne et lui lance un regard glacial avant de désigner d’un coup d’œil tous les hommes et les femmes qui nous entourent et qui pourraient bien, contre quelques espèces, nous vendre à l’autre face de pet, seulement quelques minutes après avoir couvert sa fuite. Le vent tourne vite à Kos*…

 

- On m’a volé ma bourse ! Au voleur ! Au voleur ! s’écrie un homme dans a foule.

 

Qu’est-ce que je disais ? Mon regard glacial passe du jeune homme à Harken en moins d’une seconde. Ses premiers méfaits viennent d’être découverts, il est grand temps de déserter les lieux.

 

(La suite en cliquant ci-dessous)

Chapitre 5

Breth et Harken mènent l'enquête

 

- Notre dernière recrue nous évite comme la peste, on dirait !

 

C’est comme ça que Harken a mis le sujet sur la table, au milieu de trois pintes vides, et un pichet de vin au trois quart entamé. Il n’a pas tort, le Luca, depuis sa remise en main propre de sa première chronique, on ne l’a pas beaucoup vu.

 

- Weenara m’a dit qu’il descendait parfois dans la salle commune, et qu’il passait des heures, dans un coin isolé en face d’un verre d’hydromel, à reluquer tout ce qui se passe. Si ça se trouve, c’est un espion.

 

La belle Weenara est la serveuse qui me fait tourner la tête. Elle m’aime bien mais se refuse obstinément à moi. En revanche, elle me rend de nombreux services, et elle a tout de suite accepté de me rencarder sur les moindres faits et gestes de notre nouveau compagnon.

 

- C’est pas une attitude normale, ça, crois moi ! Me répond Harken après avoir vidé son verre, le dixième au moins depuis le début de notre conversation.

 

- Quoi donc ?

 

- Ben quoi ? Y’a rien qui te semble bizarre dans l’attitude de ce jeunot ?

 

- Evidemment. C’est pas normal de rester seul pendant des heures dans un coin d’auberge !

 

- Tu te poses pas la bonne question ! La bonne question, ce serait, comment il fait pour tenir des heures avec un seul verre d’hydromel !

 

Je reconnais bien là mon ami lorsqu’il a un petit coup dans le nez. Je lui adresse un petit sourire qui s’élargit à la venue de Weenara.

 

(La suite en cliquant ci-dessous)

Chapitre 6

La véritable identité de Luca

 

                   Je déroule fébrilement le premier rouleau de parchemin et révèle progressivement l’anatomie aguichante d’une belle femme en petite tenue. Avec Harken, nous échangeons un regard incrédule. Il se saisit d’un autre rouleau et découvre un autre dessin, celui d’un patricien respectable que je reconnais tout de suite, il s’agit du puissant maître de la guilde des tanneurs.

 

- Qu’est-ce que cela signifie ?

 

Un nouveau rouleau nous expose une très belle femme, entièrement nue, les jambes bien écartées pour  nous exposer ses bijoux les plus intimes.

 

- Ben merde alors, lâche Harken en admiration devant le tableau de la fille nue. C’est lui qui dessine ça ?

 

Nous sortons dès lors les autres parchemins et les déplions soigneusement en nous les montrant à tour de rôle. Il y a des hommes, des femmes, des familles, quelques enfants seuls, des monstres aussi, beaucoup. Des dragons, des liches, des gobelins, des orks… Mais ce sont les nus qui retiennent l’attention de mon ami, et la mienne aussi je dois le confesser. Je suis barde, fait de chair et d’os, de désirs et de pulsion, et non prêtre ou autre adorateur d’un dieu castrateur. Je finis par tomber sur l’illustration saisissante d’un groupe de guerrières, peut être des amazones, chevauchant nues des créatures volantes ressemblant à des reptiles.  Ce ne sont ni des dragons, ni des wyvernes, je n’ai jamais entendu quelque héro me décrire des monstres ressemblant à cela. Et en ce qui concerne ces farouches guerrières, je n’ai jamais vu d’amazones chevaucher nues pareilles montures ! Elles volent dans un ciel de braise, cheveux au vent, c’est magnifique. Ce tableau aurait pu m’inspirer un conte ou autre récit de légende si Harken ne m’avait pas mis sous les yeux un autre dessin… Un portrait olé-olé des plus scandaleux qui me plonge aussitôt dans un océan de perplexité.

J’approche la chandelle pour mieux m’assurer de ce que je vois, mais la ressemblance est tellement saisissante que le doute n’est pas permis. Harken, soudain gêné par le manque de lumière dû à mon geste, se penche dans ma direction et regarde à son tour le parchemin que je contemple.

 

- Par les dieux ce n’est pas possible !!!

 

(La suite en cliquant ci-dessous)

Chapitre 7

Le message secret

 

                   Le tissu ocre qui recouvre le fond du coffre se décolle lentement et nous révèle un autre parchemin au pourtour rongé par le feu.

 

- Qu’est-ce encore que cela ? demandai-je intrigué en voyant le papier entre les mains de mon ami.

 

Et cette fois, ce n’est pas un portrait qu’il tient entre les mains. Je remarque tout de suite les runes elfiques de mise en garde.

 

« 我是真理的声音,必须警告你。如果你看着我,我会读你并回答你最亲爱的愿 »

 

« 但是你的靈魂將永遠受到約束......除非你能給我一個比你更富有的靈魂,或者更不可思議的是,如果你能把我當作違背真理的東西。 »

 

- C’est du parler sombre du premier âge, dis-je en reconnaissant quelques glyphes. Celle-ci précisai-je en désignant une rune pleine et courbe, signifie âme, esprit.

 

- On la retrouve ici aussi, m’indique Harken qui a développé à force de rapine et de détections un sens aigu de l’observation.

 

- Celle-ci est symbole de richesse si je me souviens bien.

 

- C’est une formule magique pour devenir riche. Un genre de sortilège !

 

Je sens l’excitation en lui, et le pire, c’est qu’il n’a peut être pas tort. Le parler sombre du premier âge était utilisé pour rédiger de puissants enchantements. Mais aussi, je le sais, de grandes malédictions.

 

- Vas-y traduis ! S’impatiente Harken.

 

(La suite en cliquant ci-dessous)

Chapitre 8

Maudit !

 

 

                   - Ô mes amis… Mes amis… Je m’en veux tellement ! J’aurais dû vous prévenir. Je suis fautif bien sûr.

 

Fautif de quoi ? Qu’est-ce qu’il nous raconte ? Aurais-je abusé de l’alcool ? Quelle heure est-il ? Où sommes-nous ? Luca nous fait face, un verre d’hydromel à la main, l’air navré, et c’est lui qui se lamente et se flagelle pour dieu sait quelle raison. Je ne comprends rien. L’instant précédent, nous étions dans sa chambre.

 

Je me tourne vers Harken qui arbore le même air ahuri que moi. Visiblement, il se pose les mêmes questions. Je me souviens parfaitement du coffre que nous avons crocheté, des parchemins trouvés à l’intérieur… Et aussi, par les dieux, quelle horreur… Le visage cornu de cette femelle perfide… Une succube. Je me recule brusquement de la table où je suis attablé et manque de tomber à la renverse. Les clients de la table voisine éclatent de rire en pensant que je suis ivre… Suis-je ivre ? Oui peut-être… Ivre de terreur. Je me sens maudit jusqu’à la moëlle. C’est bien ce que font les succubes, non ? Elles vous maudissent ?

 

- Comment sommes-nous arrivés là ? Me devance Harken. Je n’ai même pas souvenir avoir descendu les escaliers.

 

- Je vous ai surpris à mon retour dans ma chambre, répond Luca. Vous aviez ouvert mon coffre et trouvé le parchemin de Kora Sahn ! C’est moi qui vous ait arraché à elle et conduit ici. Vous n’en avez pas souvenir mais c’est normal. Quand elle vous sonde, et qu’elle se saisit de votre âme, vous perdez la mémoire, vous étiez sous son charme maléfique. J’ai subi les mêmes déboires que vous.

 

Je me secoue la tête pour essayer de me remettre les idées en place tandis que mon ami vide coup sur coup deux timbales d’hydromel.

 

- C’est quoi ce parchemin de Kora Sahn ? Fis-je en plantant un regard menaçant sur notre soi-disant ami.

 

Je dis soi-disant car il se dit coupable de ce qui nous est arrivé, mais au fond, je n’ai rien contre lui… Pas encore… Même si je pressens qu’il nous a joué un sale tour quand même.

 

(La suite en cliquant ci-dessous)

Chapitre 9

Le voeu

 

                

                    Six jours se sont écoulés depuis l’annonce de ma malédiction. Six jours d’anxiété et de nuits sans sommeil, hanté par ma seule peur car, honte à moi, mais je dois le confesser… Aucune visite de notre succube… Pas même en rêve. Kora Sahn la succube qui exauce les vœux en échange de votre âme. Que n’ai-je entendu comme quolibets de la part de mon ami Harken pendant ces six jours d’angoisse. J’en venais presque à espérer que mon vœu ne soit jamais exaucé. Lui prend ça de haut, et croit à une farce de mauvais goût, mais pas moi. Nous avons vu tous deux le portrait saisissant de la démone, et lu la mise en garde de sa malédiction.

« Je suis la voix de la vérité et me dois de te mettre en garde. Si tu poses les yeux sur moi, je lirais en toi et exaucerai ton vœu le plus cher… Mais ton âme à moi sera liée à jamais… Sauf si tu peux me livrer une âme plus riche que la tienne, ou, plus improbable, si tu peux me prendre en défaut de vérité. »

Combien de fois me la suis-je récité dans mon esprit ? Je ne saurais dire bien sûr, mais suffisamment pour que ma voix en soit déformée et devienne celle de mon ensorceleuse, ma tourmenteuse. Elle chuchotait directement à l’âme qui lui était livrée. Encore un jour et je serai libéré, à en croire Luca qui avait précisé que la succube devait se manifester dans la semaine ! Quelle journée… Je n’ai pas voulu quitter ma chambre de peur de croiser malencontreusement une personne qui m’aurait reconnu et offert ce dont j’ai toujours rêvé. Vous n’avez toujours pas deviné quel était le vœu qui me tenaille, pourtant, il n’est pas bien original. Je dirais même que je le partage avec tous les ménestrels et autres troubadours du Royaume. Je ne le formulerai pas de vive voix devant vous, juste pour combler votre manque d’imagination et de jugeotte, je crains trop que cela ravive la malédiction. Je suis donc resté cloîtré, seul, car je n’étais pas d’humeur non plus à supporter les grivoiseries ou les moqueries d’Harken. Le soir venu, toutefois, il m’a bien fallu quitter ma chambre et affronter mon destin…

 

(La suite en cliquant ci-dessous)

Chapitre 10

Mourir en poète maudit

 

                   Soigner le mal par le mal… Puisque je suis maudit, depuis quelques temps, je me plais à fréquenter les établissements les plus malfamés de Kos, participer aux défis les plus stupides, provoquer les types les plus dangereux de la ville. Mourir en poète maudit… A ma sauce bien sûr, une belle lame au travers du corps, devant un auditoire conquis, sous les regards apeurés de donzelles charmées. Pas d’un trop plein de substances douteuses absorbées dans une alcôve de taverne, je ne veux pas que l’on me retrouve au petit matin noyé dans ma gamelle de fayots. Une si belle apparence ne peut être ainsi barbouillée, une peau si délicate, maculée de sauce répugnante… Non, il me faut une mort digne du barde que je suis ! La tête haute, ma lyre dans une main, mon épée dans l’autre, le verbe facile et la botte secrète pour parer le mauvais coup, du mauvais coucheur qui n’aura pas apprécié mon algarade !

 

- A la fin de l’envoi je touche !

 

Vous voyez le genre. Partir avec le panache avant de sentir le souffle de ma succube me glacer le sang.

Sauf que je suis plus habile à provoquer avec les mots que survivre à un duel ! Ah les butors de pieds plats ! Ils n’ont aucun sens de l’humour, ils veulent en découdre, sauver leur honneur, et tous les coups sont permis. Je me suis souvent retrouvé à faire face à un escrimeur hors pair alors que j’avais pris soin de provoquer un lourdaud qu’il m’aurait été facile de désarmer et ridiculiser. Sauf que le triste Sire était accompagné d’un garde discret qui se substituait au lâche provoqué une fois dans la venelle froide et humide. Je me retrouvais alors le dindon de la farce ! Celui qu’il fallait darder de coups de sabre, farcir à la sauce « je vais te rabattre le caquet, petit cop insolent » !

 

(La suite en cliquant sur le lien ci-dessous)

 

Chapitre 11

La bibliothèque de Kos

 

La bibliothèque de Kos est un immense bâtiment qui enjambe le fleuve, comme suspendu magiquement au-dessus des flots tumultueux de l’Avranis. Attirés par la splendeur et la majesté de son architecture, de nombreux curieux visitent chaque jour le monument qui est considéré comme une perle du Royaume, au même titre que le pont des soupirs de Phax Moonreth, le gouffre de Brahon ou bien évidemment, le palais de l’Empereur-dieu. Je me mêle à la foule disparate et bruyante des visiteurs qui s’extasient sur le carrelage de coronite. Les dalles magiques laissent entrevoir sous nos pieds les rapides de la rivière avant de se jeter dans le vide d’une première cascade. La ville, qui s’est développée sur les rives de l’Avranis, s’étend à perte de vue depuis les hautes verrières qui cernent le bâtiment. La luminosité y est extrême afin de faciliter la lecture des milliers d’ouvrages qui sont entreposés dans les rayons de la grande colonne centrale. Le pilier de la connaissance, c’est ainsi que les érudits de la bibliothèque ont surnommé ce tronc majestueux, de plus de cinquante pieds de diamètre, dans lequel, les premiers mages ont creusé et aménagé des centaines de rayonnages. Depuis cette colonne de bois et de connaissances, des dizaines de tables en chêne, vernis et rutilantes s’élancent telle des rayons vers les grandes verrières. Les places sont chères et toutes occupées, essentiellement par les badauds. Mais peu m’importe, ce que je cherche, je ne le trouverai pas à ce niveau. Je suis un habitué des lieux, plusieurs fois, je suis venu chercher l’inspiration dans les œuvres d’illustres prédécesseurs. Je sais que le rayonnage « malédiction », « succube » et « envoûtement » se situe au dernier niveau de la bibliothèque, celui qui est le plus éloigné des touristes. Il est des ouvrages à ne pas mettre entre toutes les mains. Ce n’est pas la lecture de fabliaux et de contes qui me permettront de lever la malédiction de Kora Sahn.

Je fais la queue devant la porte de la connaissance, une petite porte discrète, presque dérobée, creusée au sein du grand pilier central.

 

- Quel niveau ? Me demande le gnome érudit, maître bibliothécaire du premier niveau et gardien de la porte.

 

Il me dévisage d’un œil torve en se grattant le menton. Il est presque aussi proéminent que son nez, semblable à un navet tordu. Sa peau toute fripée ne renseigne en rien son âge, tous les gnomes, je le sais ont la peau fripé. En revanche, la taille de ses oreilles, oui… Et elles sont énormes, en feuille de choux, comme il se doit. Il est vieux, c’est certain, mais quel âge ? Cinquante, cent ans ? La longévité des gnomes est un secret bien gardé.

(La suite en cliquant sur le lien ci-dessous)

12.

Débusquer la succube

 

Bazhell me conduit dans le rayonnage des malédictions, celui qui est le plus excentré, le moins fréquenté, le plus poussiéreux. Les manuscrits sont empilés sur des étagères par centaines, et certains n’ont pas été consultés depuis des décennies, à en croire l’épaisse poussière qui les recouvre. Certains sont précieux ou dangereux, si bien qu’ils sont enchaînés au rayon, ou cadenassé dans une reliure spéciale.

 

- Ces dernières années, nous avons constaté de nombreux vols de grimoires. Certains, très rares et très coûteux sont revendus sous le manteau à des particuliers peu scrupuleux, m’explique mon magicien, en relevant mon étonnement devant toutes ces chaînes et cadenas. Surtout ici, les ouvrages ne sont pas à mettre entre toutes les mains.

 

J’acquiesce en silence et je le suis en me demandant où il me conduit. D’un autre côté, je me dis que j’ai de la chance de l’avoir pour guide car je n’aurais jamais su par où commencer, au vu de tout ce savoir entassé dans ces rayons.

 

- Tous parlent de malédiction ?

 

- Bien sûr, répond Bazhell. Les gnomes ont un sale caractère, et ils sont bourrés de défauts, mais il faut leur reconnaître une qualité ! Ils n’ont pas leur pareil pour trier, classer, ranger. Tu ne trouveras pas un seul ouvrage dans cette partie de la bibliothèque qui ne parle pas de malédiction.

 

Je me demandais pourquoi ces ignares peu aimables se retrouvaient dans les bibliothèques, j’ai maintenant ma réponse. Il y a une réponse à tout… Toujours… Il faut simplement poser ses questions aux bonnes personnes. Bazhell Reed me semble cette bonne personne. La chance semble enfin de mon côté. Les dieux l’ont mis sur mon chemin pour me venir en aide. Je vais vite déchanter.

(La suite en cliquant sur le lien ci-dessous)

 

13.

Naissance d’une succube

 

Chaque succube a son histoire, celle de Kora Sahn est pour le moins singulière, et l’ouvrage que je tiens entre les mains me la révèle dans ses grandes largeurs. Je parcoure le grimoire sans pouvoir le quitter des yeux avant la fin. L’expression « dévorer un livre » n’a jamais aussi bien porté son nom.

Les succubes ne sont pas nées succubes, elles le deviennent… Ainsi commence ce livre que l’auteur n’a pas désiré signer. Ces quelques lignes manuscrites n’ont d’autres prétentions que de délivrer celui qui aura été maudit. Là, je me détends et esquisse même un large sourire. C’est de moi qu’il parle… Ben oui, le maudit, c’est moi… Ce livre est peut-être la solution à mes problèmes.

Kora Sahn est issue d’une grande famille de marchands. Son père n’est autre que l’illustre Jorda Sahn, grand maître de la corporation des tisserands, et fondateur de la puissante guilde des marchands qui régente les affaires de Kos depuis la nuit des temps. Je prends conscience après seulement la première page que je suis plongé dans une histoire qui remonte à des lustres, je ne suis pas grand historien, mais je dirais plus d’un siècle au moins.

 

- Deux, me précise une voix dans mon esprit.

 

Je lève les yeux de mon grimoire et perçoit Bazhell, assis en face de moi, tout sourire. Mon magicien, les bras croisés sur la poitrine, les mains enfouies dans les pans de sa manche, tranquillement adossé au rayonnage, lit en moi comme dans un livre ouvert… Là encore, jamais expression n’a si bien porté son nom (je suis trop fort pour les replacer 😉). Bazhell vient probablement de me lancer un sortilège qui lui permet de lire le livre en même temps que moi.

 

- Jorda Sahn a vécu à Kos il y a plus de deux cents ans, et il était adepte d’une magie noire qui, dit-on, lui a permis de prospérer.

 

- Et vous comptez me spoiler tout le grimoire ? Parce que si vous connaissez déjà l’histoire, on peut peut-être gagner du temps, et aller directement à l’essentiel… Genre, pour lever cette malédiction : boire du lait de chamelle, mélangée à du sang de crapaud, un soir de pleine lune, tout nu, seul sur le sable, les pieds dans l’eau… (tiens ça me rappelle une chanson… Que j’ai même peut-être composée ??).

 

(La suite en cliquant sur le lien ci-dessous)

14.

Un magicien trop bon pour être honnête

 

Une fois le pacte scellé entre Asaran et les entité souterraines, la naissance se déroula sans complications. La sorcière avait obtenu ce qu’elle voulait… Une fille, et les démons allaient récupérer l’âme de sa mère lorsque celle-ci deviendrait femme. Ainsi en avait-il été décidé. Mais cela ne se passa pas comme prévu, ce serait encore trop simple (alors que c’est déjà bien tordu, vous avouerez).

L’enfant fut nommée Kora et fit la joie de ses parents. La petite fille était ravissante, très éveillée, particulièrement jolie. Elle charmait quiconque posait les yeux sur elle. Elle fit le bonheur de son père mais pas de sa mère, qui ne trouva finalement aucun plaisir à enfanter, et encore moins à élever sa fille. Au-delà des attaques irrémédiables subies par son corps pendant la grossesse et l’accouchement, Asaran constata que l’enfant lui faisait une part d’ombre plus grande au fil des années. Elle en fut jalouse et la délaissa au fil du temps, préférant consacrer les années qui lui restaient à vivre à chercher un moyen de duper les divinités souterraines à laquelle elle avait promis de se livrer lorsque l’enfant deviendrait femme. Elle songea un instant à tuer la petite fille, et à camoufler son crime odieux en accident. Mais si elle savait pertinemment qu’elle duperait sans difficulté son mari ou les autorités de ce bas-monde, elle était certaine de ne pouvoir tromper des démons du sixième cercle. Elle se réfugia alors dans la magie noire… Plus noire que la nuit sans lune… Plus maléfique que la simple sorcellerie… Et elle finit par trouver la solution… Le jour des premières règles de la petite Kora Sahn, par des pactes de sang, des trahisons, des perfidies, et des élixirs au coût exorbitant, elle parvint à survivre et duper ses commanditaires, les divinités souterraines… Et cela de la pire des manières, sans aucune pitié ou considération pour sa fille. En effet, à force d’étude et de dépenses somptueuses pour se fournir en ingrédients rares et peu ragoutants, elle trouva le moyen de transférer son esprit dans le corps de son enfant, lorsque celle-ci découvrit les premiers saignements.

Asaran rendit son dernier souffle, et au même moment, investissait le corps d’une jeune succube du nom de Kora Sahn…

 

- Cette salope n’est pas ce qu’elle prétend être ! Grondai-je.

 

- Oui, renchérit Bazhell qui ne s’est pas gêné pour lire le grimoire en même temps que moi, directement dans mon esprit. La fille n’est autre que la mère réincarnée…

 

(La suite en cliquant sur le lien ci-dessous)

Chapitre 15

Harken et la cité des doges

 

Mon Cher Breth,

Voici quelques lignes qui, je l’espère, te réchaufferont le cœur.

Car oui, je sais qu’avec ton cœur d’artichaud, si tu restes sans nouvelles de ton compagnon de galère (c’est moi !) trop longtemps, tu as les cordes vocales qui gonflent, tu t’empourpres, tu te grignotes les ongles et n’es plus bon à rien.

Ainsi, je te donne quelques nouvelles (et si cette lettre a tardé depuis que je te l’ai envoyée, c’est probablement que le réseau de communication moderne n’est plus ce qu’il était : la transmission de message par coursier galopant est certainement moins efficace que par pigeons voyageurs…).

J’ai donc passé quelques jours au cœur de la cité des princes-marchands : la Sérénissime République des Doges et ce, en pleine période de Carnaval !

Rien de tel pour un membre de ma Guilde afin d’engranger un petit pactole et tenir tranquillement quelques mois au chaud : si le trajet pour se rendre à la Cité millénaire est un investissement, l’exécution de mon art y est un plaisir très lucratif.

Je te plante le décor : la Cité est pleine à craquer ; tous les visiteurs y sont costumés : l’elfe se grime en nain, le guerrier en barde, la courtisane en prêtresse, la goule en bellâtre,… ; les rues sont étroites et se rejoignent toutes à certains ponts qui sont des nœuds de passage incontournables.

 

La suite en cliquant ci-dessous...

Chapitre 16

Bas les masques !

 

De retour à « La fesse heureuse », je suis heureux de retrouver l’atmosphère festive de mon auberge préférée. Il y a ce soir un monde fou, de la musique, des nuages de fumée, des senteurs de poulet grillé, des filles aux charmes révélées, et des éclats de voix joyeux qui fusent de partout. Cela me fait du bien de retrouver cette ambiance, et plus encore de retrouver Harken, qui se lève de notre table pour me saluer et m’inviter à le rejoindre. Mon ami était parti convoler dans la cité des Doges quelques jours, je vais devoir le mettre au parfum des dernières évolutions de mon aventure, ce qui tombe plutôt bien, me direz-vous, car vous avez probablement oublié les derniers rebondissements. Je suis accompagné de Bazhell Reed, dont l’apparence ne laisse planer aucun doute sur son personnage… Genre, magicien niveau 9, alignement Lawful Good… Trop voyant, pas passe-partout pour deux sous avec son bâton, sa robe chatoyante, ses glyphes sur ses poignets. Il fait trop magicien à mon goût, surtout depuis que je nourris quelques doutes sur sa réelle identité et plus encore sur ses motivations. Ce qui m’a mis la puce à l’oreille, je le rappelle, c’est qu’il connaît les mots prononcées par ma succube pour me maudire. Moi, je les connais pas cœur, c’est un peu normal, ils tournent sans cesse dans ma tête pour mieux me tourmenter… Mais lui, comment les connaît-il ?

 

« Je suis la voix de la vérité et me dois de te mettre en garde. Si tu poses les yeux sur moi, je lirais en toi et exaucerai ton vœu le plus cher… Mais ton âme à moi sera liée à jamais… Sauf si tu peux me livrer une âme plus riche que la tienne, ou, plus improbable, si tu peux me prendre en défaut de vérité. »

 

Je fais les présentations puis nous nous asseyons à la table où Harken a déjà descendu quelques godets, en compagnie de deux donzelles à la poitrine généreusement découverte.

 

- Je fête mon retour de Venise, dit-il en emplissant aussitôt trois nouveaux godets. Cela faisait bien longtemps que je ne t’avais plus vu ramener un ami à notre table. Au cas où tu ne t’en serais pas aperçu, il porte une robe mais cela n’en fait pas une femme pour autant, me chuchote-t-il grossièrement avant de partir dans un rire gras et poussif.

 

Quelle belle entrée en matière ! Il a pris une belle avance sur nous quant au nombre de verres autorisées…

 

La suite en cliquant ci-dessous...

Chapitre 17

La trahison des alchimistes

 

Un beau matin… Ah oui que ce matin était beau… Malgré la grisaille environnante, le froid glacial et les mines dépitées des passants que j’ai pu croiser… Quel beau matin que ce matin-là !

Je marche d’un pas lent, guidé comme souvent par l’inspiration du moment, attentif à rien et à tout, distrait par un parfum, un regard, une silhouette, souvent féminine je le confesse volontiers, que ce soit pour le parfum, le regard ou la silhouette… Mais ce matin-là, c’est l’étal d’une échoppe qui devait attirer mon regard. Est-ce une apparition ? Le fruit de mon imagination ? Je me frotte les yeux, et m’approche du moinillon assis derrière son étalage d’ouvrages et bibelots en tout genre. Je me penche et me pince en même temps afin de m’assurer que je ne rêve pas ! C’est bien mon manuscrit qui trône au milieu d’une statuette de magicien, de chandeliers, de bougeoirs, de fioles et autres codex. Mon nom figure bien sur la couverture, et le titre en blanc sur fond noir, devant un guerrier en armure, lui-même devant un traité d’alchimie… « La trahison des alchimistes »… Je suis en extase et l’admire un bon moment sans rien pouvoir dire, submergé par l’émotion.

- Je connaissais pas ce type, me lance le vendeur en relevant mon air hébété.

- Hein ?

Je concède que ma répartie sur le coup n’était pas des plus fameuses, mais c’est la première qui me sois venue.

- Ce Breth Harken, reprend le moinillon improvisé libraire de rue. Je le connaissais pas, on m’a livré ses bouquins hier, ils sont partis comme des petits pains, c’est le dernier exemplaire !

Voir son livre en vente sur une table, à la vue des passants (certes pas encore nombreux à cette heure matinale et grise), cela vous remue agréablement les tripes. C’est un choc qui me laisse sans voix et l’air stupide.

- Alors vous le prenez, il ne coûte que 19,50 € !

Je fouille mes poches, je n’ai pas la moitié de cette somme.

- Je suis l’auteur, finis-je par articuler. Je suis Breth Harken !

Le moine prend un air offusqué et se saisit de son bâton derrière lui.

- C’est ça, et moi je suis Gandalf ! Si tu continues à me prendre pour un idiot, je te transforme en pâté pour nazgul ! Pov’naze !

Pas très charitable le moinillon !

 

La suite en cliquant ci-dessous...

Chapitre 18

Terrible descente aux enfers

 

Dois-je rappeler l’épisode précédent ? La joie et la fierté qui étaient miennes au moment de découvrir mon manuscrit à la vente ? « La trahison des alchimistes » aux éditions Baudelaire (pub) ? Est-il nécessaire de vous redire le plaisir éprouvé à la vue de tout ce monde venu me congratuler ? Non, vous lisez ceci pour savoir quelle tuile m’est encore tombée sur la tête ? Comment ce rêve éveillé a tourné en cauchemar ! Alors, vous n’allez pas être déçus…

Il n’empêche que ma première séance de dédicace a conduit dans mon lit, ma première admiratrice, la belle Keitlyne. Tout était bien réel, je vous l’avais promis. J’ai fini par m’endormir, terrassé par un bonheur gâché juste avant de trouver le sommeil par un fait que je préfère taire.

C’est en pleine nuit que les événements ont pris une tournure inquiétante. Pourtant, quel homme n’a pas rêvé d’être éveillé par une main douce et caressante glissant sur son torse… par un murmure sensuel, un souffle qui épelle votre nom de la plus torride des manières ? Qui ? Et là encore, point de rêve. Je préfère ne pas entrer dans la description de la réaction anatomique de mon bas ventre et passer directement au moment où j’ai ouvert les yeux, extirpé de cet odieux sommeil par celle que je croyais être Keithlyn.

Mais lorsque je me réveille enfin, ce n’est pas mon admiratrice qui se tient au-dessus de moi, c’est une autre femme… Tout aussi charmante, nue, la poitrine fièrement dressée, un corps de rêve aussi, mais à la chevelure flamboyante et au regard de feu… d’ailleurs, ces longues mèches rousses finissent par de jolies courbures qui font songer à des flammes… Les flammes de l’enfer… Cette femme sourit et me révèle alors une dentition redoutable ?

 

La suite en cliqnant ci-dessous...

Chapitre 19.

La taverne des aventuriers à deux balles

 

                   Ma mésaventure nocturne, aussi terrifiante qu’humiliante aura au moins eu le mérite de me pousser à réagir. Pas question pour moi d’entamer une vie monastique, vouée à la seule adoration de Kora Sahn. Si je dois bander, ce ne sera jamais en songeant à un démon ailé. Mon âme lui appartient, d’accord, mais qu’elle ait au moins la décence d’attendre ma mort… Ma vie, je veux en profiter, et baiser qui je veux, quand je veux. Je n’ai signé aucun contrat, il n’y a pas de paragraphe dissimulé, juste un accord de principe, un accord verbal, je ne me suis engagé que sur mon âme, pas sur les parties viriles de mon anatomie…

Le lendemain de cette débandade cauchemardesque, j’ai donc décidé de reprendre le cours de mon destin en main. Je vais trouver d’un pas décidé le bureau de mon éditeur, un dénommé Beau Delaire, éponyme d’un ancien ménestrel très célèbre, mais qui n’a de beau que le prénom. En effet, ledit Beau Delaire, est un grand échalas voûté, au crâne chauve et au teint de vampire. S’il n’avait ce regard perçant, et ce sourire malicieux, je l’aurais pris pour un grand benêt un peu sot. Je le surprends dans son imprimerie entouré des petites mains occupées à faire sécher les feuillets de mon manuscrit, déjà en rupture de stock.

- Breth Harken, notre nouveau barbouilleur à succès ! S’écrie-t-il en me voyant franchir le pas de sa presse. Vous ne perdez pas de temps !

Pourquoi en perdrai-je ? Il ne manquerait plus que je clamse avant de m’être débarrassé de ma malédiction, et je passerai le restant de mes jours embroché comme un rôti à me faire dorer la couenne… Enfin, c’est comme ça que je me représente les enfers… Je viendrais vous dire, si malheureusement je ne parviens pas à me libérer de mon mauvais sort.

- C’est que voyez-vous, j’ai une dette à m’acquitter au plus vite !

Mon grand échalas chauve et cireux me sourit d’un air peu convaincu.

- Ils disent tous cela vous savez !

Auraient-ils tous connu le succès en vendant leur âme au diable ? Comme moi ensuite, ont-ils tous cherché à la racheter ? Cela expliquerait bien des choses… Les succès immérités et incompréhensibles de Marc Lève-toi, Guillaume Mousson seraient-ils dus à un pacte avec une succube eux-aussi ? J’avoue n’avoir jamais abordé ce sujet sous cet angle. Mais je m’égare, comme à chaque fois. D’ailleurs, mes réflexions silencieuses sont empreintes d’une perplexité dont profite mon éditeur.

- Vous êtes étonné vous-même de votre succès, poursuit-il. Et vous êtes venu chercher le bénéfice de vos ventes avant que votre vilain éditeur ne se soit envolé avec la caisse. C’est ainsi que vous voyez les choses j’imagine.

- Pas vraiment, non. Mais vous avez raison sur un point. Je suis quand même venu chercher le bénéfice de mes ventes !

- Et vous êtes un homme riche, Breth Harken. « La trahison des alchimistes » s’est vendu comme des petits pains. Nous en avons écoulé hier en une journée, autant que Guillaume Mousson en une lune.

Mon œil s’allume d’une lueur intéressée. Seules comptent les piécettes que je vais rassembler aujourd’hui. Je vais en faire usage pour me débarrasser de cette maudite succube !

 

La suite en cliquant ci-dessous...

Chapitre 20.

Une première recrue

 

                   La taverne des aventuriers à deux balles n’a rien d’engageant et tout en me rapprochant du comptoir, à l’autre bout de l’entrée, j’ai les yeux qui scrutent chaque alcôve, chaque once d’obscurité, chaque visage, que mon intrusion a semblé réveiller. Et je ne suis pas assez niais pour croire que l’attention que j’attire est due à ma nouvelle notoriété. Pas un ici ne sait lire, pas un ne possède assez de jugeotte pour préférer dépenser ses pièces dans un livre plutôt que dans une chope !

Je m’approche du comptoir, les mains sur mes deux sacoches remplies d’or, et comble de l’horreur, je crois entendre tinter les pièces à chacun de mes pas. Malaise, malaise… Ce n’est pas une entrée des plus discrètes, j’en conviens, mais après tout, je suis ici pour attirer l’attention et recruter les meilleurs aventuriers de la cité.

- C’est bien qu’est-ce que je crois que c’est qui tinte dans tes sacoches ? Me lance le tenancier.

Il a un accent nordique à couper au couteau et il accompagne sa remarque d’un sourire, qui me laisse percevoir une dentition parcimonieuse.

Il est jeune, ce n’est pas l’âge qui a gâté sa dentition, mais aux bleus autour de l’œil et à son oreille à moitié rafistolée avec des boucles d’un gout douteux, je dirais plutôt que monsieur est chamailleur. D’ailleurs, il est plutôt du genre musculeux.

- Je viens dans ton établissement pour y recruter les meilleurs aventuriers du Royaume, alors il me faut un peu d’espèces sonnantes et trébuchantes pour être pris au sérieux.

On n’attire pas les mouches avec du vinaigre, je sais d’expérience qu’il faut montrer la solde pour que les plus sérieux daignent me suivre. Le menu fretin, je saurais les envoyer paître ! Maintenant, le risque, c’est de passer pour un bon gros pigeon à plumer, mais j’ai mon arme fatale avec moi, celle qui m’a toujours tiré des mauvais pas (et mis aussi dans les situations les plus désespérées)… Mon bagou, ma parole, ma voix !

- Alors je va te réserver la salle des mercenaires top level qui se trouve à l’étage. Au rez-de-chaussée, c’est le bas de gamme, si j’indique l’étage, les clients, ils savent que c’est mieux payé mais qu’il y a du danger, parce qu’il y a du danger, pas vrai ?

- Heu oui, en effet.

Elle est con sa question. Si je dis qu’il y a du danger, ils vont tous déguerpir, non ? Et en plus je vais devoir payer plus… Putain, le pigeon…

- Parce qu’à l’étage, je te conduis que des palads confirmés, des sorcelards qui te pétrifient d’un regard, pas des morveux tout justes capables d’allumer un feu, des rôdeurs qui te pistent une biche encore pucelle juste à l’odeur qui flotte dans l’air ! Alors, c’est sûr je te les envoie à l’étage ?

- Oui, oui, l’étage, c’est très bien…

- Mais c’est plus cher, mon gars, me souffle-t-il en souriant de nouveau. Montre moi tes belles ferrailles qui tintent dans ta sacoche, et je te rabats les meilleurs compagnons dans l’heure !

La vie a repris son cours dans l’auberge, mais j’ai quand même l’impression que tout le monde a suivi la conversation. Je me sens de plus en plus dans la peau de ce pigeon à plumer. Peut être aurais-je dû me faire accompagner d’un mastodonte comme garde du corps ? Sauf que je suis ici pour justement en recruter des mastodontes, enfin pas que ce genre-là car je doute qu’il soit d’une réelle efficacité contre une succube ?

Je me penche discrètement sur le comptoir et ouvre une sacoche pour lui en révéler le contenu. Ses yeux semblent prendre le même éclat que mes pièces, et son sourire s’agrandit pour me révéler l’absence de dents même au niveau des molaires. Il m’invite à le suivre dans l’escalier derrière le comptoir.

 

La suite en cliquant ci-dessous...

21.

Une compagnie de choc

 

                   Vingtième chapitre de nos aventures, et je m’aperçois que je suis de plus en plus absent des péripéties qui touchent mon cher ami Breth… Faut que je m’implique plus qu’il me dit, sauf que moi, j’ai des contrats à honorer, des bourses à délester, des coffres à vider, bref, je bosse, moi, môsieur ! Je ne passe pas mes journées à taquiner la harpe sur l’estrade, ou le luth dans un fauteuil douillet entouré de jeunes donzelles en pamoison ! Parfois, c’est vrai qu’il noircit du parchemin, ça oui, j’aurais dû investir dans une fabrique à palimpsestes, rien qu’avec lui, j’aurais fait fortune. En plus il a fallu que cette histoire de malédiction lui tombe dessus. Enfin quelque chose d’extraordinaire le touche personnellement, bon d’accord, c’est une succube, plutôt du genre mauvais-œil, mais il a évidemment sauté sur l’occasion pour vous la narrer en long, en large et en travers. Et nous voilà donc au vingtième épisode de sa malédiction, qui, si elle n’avait touché son orgueil de male, sa virilité si vous préférez, ne l’aurait pas outre mesure dérangé. C’est vrai quoi, il recherche la célébrité et la gloire depuis que je le connais, et le voilà honoré sur ses deux points ! Pour une fois qu’il ne récolte pas qu’une volée de tomates à la fin d’une prestation, ou une porte qui claque après avoir présenté son ambitieux projet d’écriture (la trilogie de l’Eugord pour ne pas le nommer), il trouve le moyen de se plaindre !

Bon voilà mon intro terminé, ça m’inspire toujours de commencer par cracher mon venin, mais au fond, vous l’aurez compris, je l’aime bien, mon Breth, je suis un peu son ange gardien… Je vois dans votre œil torve que vous doutez de mes propos ! Je vais vous prouver que je suis bien son ange gardien en vous contant à ma manière la suite de nos aventures. Car je redeviens dès cet instant l’acteur principal de nos chroniques… Enfin, je veux dire que je partage à nouveau le haut de l’affiche avec Breth, dans sa lutte contre Kora Sahn.

Vous l’aviez quitté après qu’il ait engagé ce Goliath Poigne-gay, figurez-vous que ce spécimen n’est pas le seul de la troupe qu’il a engagé pour livrer combat à notre succube ! Je les ai retrouvés attablés à l’auberge de la fesse heureuse, dans une alcôve privée, en train d’établir leur plan d’attaque… Et là, je me suis pris une baffe devant cette compagnie hétéroclite, digne de figurer au casting du donjon de Naheulbeuk. Par qui commencer ?

- Salut, c’est toi le petit dernier de la bande ?

C’est un homme tonsuré, en robe de bure, qui se lève pour m’accueillir et me tendre la main, c’est le premier à m’adresser la parole, c’est par lui donc que je vais commencer.

- Je suis frère Buck depuis que je suis entré dans les ordres, mais mon prénom est Star, parce que mes parents voulaient faire de moi un maître chansonnier reconnu dans tout le Royaume. Mais bon, dans les ordres, c’est bien aussi, mon talent pour le chant a trouvé un terrain propice à son éclosion et sa reconnaissance. Je suis reconnu dans les ordres et j’ai une petite notoriété, j’ai joué avec le barde Bru Casse-voix, et j’ai aussi dirigé la chorale des petits chanteurs…

Par les dieux, il me saoule, il arrête quand ? Et il n’a pas lâché ma main, je ne peux même pas me détourner et saluer un autre illustre héro. C’est Breth qui finit par abréger les présentations et du même coup mettre fin à mon supplice.

- Mes amis, je vous présente Harken, le plus illustre des voleurs, ses talents nous seront bien utiles pour déjouer les pièges du repaire de Kora Sahn.

- Sauf que je ne t’ai pas assuré que je me joindrais à vous. Je me suis engagé sur d’autres affaires de la plus haute importance, je vais être très pris les jours qui viennent.

Sa compagnie n’est pas des plus engageante, je préfère montrer patte blanche. Un prêtre comme compagnon, j’ai déjà vu mieux, et le second n’est pas plus engageant pour moi. Il porte un petit heaume à corne, une cotte de mailles surmontée d’un plastron doré, des gantelets devant lui pour mieux jouer avec la anse de sa tasse, et je vois à son air austère, qu’il a tiqué lorsque Breth m’a présenté. Je devine ce qu’il est, à son regard froid, sa longue épée bâtarde qui pend à son côté et son médaillon religieux bien en vue sur son poitrail. Il est propre sur lui, rasé de près, beau garçon, et lorsqu’il se lève pour me saluer, qu’il ôte son heaume, je le vois secouer une tignasse blonde qui attire aussitôt les regards concupiscents de la femme en face de lui (je vais y venir) mais aussi de son voisin, un type trapu, taillé dans le roc, au sourire édenté.

- Harken, je te présente Ambroise Dure-Foi !

- Paladin de l’ordre et de la justice, dit-il en me tendant la main.

Il y a encore des types qui s’appellent Ambroise ? Et Dure-Foi en plus, tout un programme… L’archétype du type intelligent, beau, costaud, qui a de l’allure, désormais, je l’associerai au blond… Et d’autres plus tard en me lisant reprendront sûrement cette idée de blond pour désigner le type à qui tout réussit… Le type qui a vu une floppée de fées se pencher sur son berceau.

 

La suite en cliquant ci-dessous...

22.

En route pour l'aventure !

 

                             Nous quittons Kos pour les chutes de l’Avranis dès le lendemain. Je rappelle pour ceux qui suivraient de loin mes aventures que j’ai probablement localisé la tanière de ma succube après ma visite de la grande bibliothèque et ma rencontre avec ce curieux magicien, Bazhell Reed. Je dis probablement car rien n’est sûr dans ces aventures, le conteur lui-même ignore au moment de coucher ces mots si mon ennemie lanceuse de malédiction s’y trouve encore… Donc, ce n’est pas un effet de style de ma part si je vous dis que l’on peut très bien revenir bredouille comme auréolé de gloire, loin de moi de créer un pseudo suspens. Mais je suis quand même entouré des meilleurs compagnons pour cette rencontre fatale, donc logiquement, je devrais en revenir libéré de ma pesante et humiliante malédiction. Sauf que mes compagnons semblent s’être donnés le mot pour arriver en ordre dispersé et surtout très tardif à notre lieu de rendez-vous.

- Putain Breth, y’a que notre sorcière et Poigne-gay ! On va pas s’embarquer dans cette aventure avec un laideron et un gay-luron quand même !

- Arrête de l’appeler laideron s’il te plaît, ça ne va pas contribuer à améliorer la bonne entente dans le groupe !

- Ben c’est juste que tu n’as pas daigné décliner l’identité de notre prix de beauté, rétorque Harken en s’approchant du temple d’Akath.

Tiens, c’est pas faux, son nom n’apparaît pas dans l’épisode précédent, j’aurais juré avoir donné son nom, mais comme notre dernière aventurière est arrivée au même instant, Harken ne l’aura pas entendu, ou retenu, son attention étant toute accaparée par la nouvelle venue… Et comme c’est lui qui s’est chargée de relayer cet épisode, le bougre aura oublié de mentionner son nom.

- Elle s’appelle Yeth, mais préfère qu’on l’appelle par son patronyme… Mithra !

- Oui ben c’est pas avec ta Mithra Yeth que tu vas buter ta succube, moi je te le dis, elle m’inspire pas ! Elle n’est même pas magicienne, juste thaumaturge qu’elle a dit.

- Oui, ben tu seras content de la trouver si tu te prends un mètre d’acier valyrien dans le bide, ou si une boule de feu t’explose à la tronche !

Ma réponse a au moins le mérite de lui clouer le bec, comme s’il prenait soudainement conscience des dangers qui l’attendent. Nous ne partons pas en pique-nique mais trucider une démone vieille de deux cents ans, adepte de la magie noire, qui s’est tout de même permise de rouler dans la farine les démons et les diables avec lesquels elle avait conclu son pacte… Excusez du peu, il y a du niveau quand-même ! Mais cela, je préfère le garder pour moi.

Mithra se lève à notre arrivée. Elle était assise sur les marches du temple, plongée dans la lecture d’un grimoire ô combien précieux : « la trahison des alchimistes » de Breth Harken.

- J’hallucine ou elle est en train de lire ton bouquin, remarque tout de suite Harken.

- Ah oui, dis-je en jouant l’étonné.

- Attends, rappelle-moi comment tu l’as recruté déjà ?

Je prends un air détaché pour ignorer sa question et saluer Poigne-gay, lui aussi avachi sur le perron du temple, à l’ombre de ses colonnes majestueuses. Il est tôt mais le soleil va encore cogner.

- Ne me dis-pas qu’elle t’a dit avoir lu ton ouvrage, qu’elle a adoré et qu’elle serait fière de figurer dans tes aventures tout de même ?

Ah ce Harken, on ne peut rien lui cacher, il a ce sixième sens qui est plus que de la simple intuition. Je hausse les épaules.

- N’importe quoi.

Poigne-gay se charge de mettre fin à cette conversation embarrassante en lui donnant une accolade de bienvenue pour le moins chaleureuse. Au moins celui-là se rend-il déjà utile.

 

La suite en cliquant ci-dessous...

22.

Une si charmante aventurière

 

                            L’aventurière qui est au centre de toutes les attentions est une belle jeune femme, un peu fluette, aux longs cheveux auburn, légèrement bouclés, et ondulant sur les épaules. Elle a un visage qui forme un ovale parfait, un petit nez fin, troussé et piqueté de minuscules taches de rousseur, et un regard… Par les dieux… un regard suggestif, charmeur, innocent et aguicheur à la fois, des yeux d’un bleu profond qui tranche sur sa peau délicieusement ambrée. On s’attendrait, comme la plupart des kossiennes, qu’ils soient noirs, mais non, ils sont bleus. Elle porte un juste-au corps qui moule sa poitrine incroyablement opulente, détail que l’on remarque avant le bleu-azur de ses yeux, je le concède, mais la bienséance m’obligeait à la détailler de la tête aux pieds… Ses seins donc, sont opprimées par ce juste-au-corps qui moule sa silhouette de rêve et l’on se demande comment une jeune femme aussi fluette peut posséder d’aussi gros attributs quand d’autres femmes aux proportions plus opulentes n’ont pas la moitié de son tour de poitrine… Ah la nature est injuste que voulez-vous… Et pas que pour les dames, j’entends… Prenez Harken, que fait-il de ses dix doigts ? Il se livre à la rapine quand moi je m’en sers à coucher de jolis vers romantiques sur le parchemin. Et je ne parle même pas du physique, car ce serait vil de ma part de comparer son physique ingrat au mien… Bref, notre belle équipière apparaît une nouvelle fois pour mettre fin à une conversation pour le moins houleuse qui allait tourner au vinaigre. Mais elle n’est pas seule, elle tient les rênes d’un chariot tiré par deux mules, assise aux côtés de Bru, notre moinillon chanteur. Mais c’est elle bien sûr qui accapare notre attention, elle porte une mini tunique en cuir qui couvre à peine le quart de ses cuisses. Si elle les écarte, je ne réponds plus de rien…

- Urina, quel plaisir de vous voir ! Surtout ne bougez pas !

Oui, alors je sais ce que vous vous dîtes, là non, c’est pas possible… Passe encore pour Poigne-gay, Gizmo Mangefoie, Bru Casse-voix, Ambroise… Mithra Yette, c’était déjà limite, mais Urina, non, ça va pas le faire, il dépasse les bornes de la bienséance… Sauf que… Quand on a le charme de la demoiselle, on peut tout de même l’affubler d’un nom ridicule… Je peux vous assurer que quand on l’a en face de soi, on peut l’appeler comme on veut, ça passe comme une goutte de pipi dans une pissotière… Ca gêne personne, Harken a oublié qu’il est passé à quelques secondes de se faire trancher les deux mains et bave devant elle sans retenue. Et même notre grand dadais blond redresseur de tort a déjà rangé sa lame pour lui conter sa sérénade.

- Damoiselle, vous apparaissez et l’ombre se dissipe, dit-il en lui baisant la main. Le mal qui ronge les cœurs des hommes les plus malfamés saigne et se purifie à votre contact. Voyez ce moins-que-rien qui m’a volé hier soir, grâce à vous qui me mettez en joie, un signe d’Akath à n’en pas douter, je lui laisse l’usage de ses mains pour qu’il puisse prendre du plaisir en songeant à...

- Hop stop ! Dis-je en aidant la belle à descendre, mais en m’arrangeant pour que derrière moi, aucun de mes compagnons ne puisse percevoir son trésor intime lorsqu’elle va esquisser un mouvement.

Il est là le problème ou le pouvoir de notre belle aventurière. Elle est belle et ne semble pas s’en rendre compte, et elle ne joue même pas les ingénues… Elle déchaîne les passions, inspire les envolées lyriques les plus inspires, pour ceux qui ont un certain sens de la retenue, mais les autres ne savent plus s’arrêter et perdent toute bienséance sans même s’en rendre compte.

- Je vous encourage vraiment à passer quelque chose qui couvrirait un peu plus vos attributs, dis-je en l’entraînant à l’écart. Vous devez avoir pris quelques affaires je présume, ajoutai-je en désignant le chariot derrière elle.

- Oui, oui, vous avez raison, je vais faire ça avant que nous prenions la route, répond-elle en écartant derrière elle, la bâche du chariot.

Je l’invite à grimper, elle est légère et leste, mais je suis bien obligé de me faire violence pour détourner les yeux de la partie charnue de son anatomie qu’elle offre à mes yeux en regrimpant dans le chariot. Par les dieux, il n’est pas neuf heures du matin qu’il fait déjà très chaud…

 

La suite en cliquant ci-dessous...

Partager cette page
Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :