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Janua Vera de Jean-Philippe Jaworski

Janua Vera de Jean-Philippe Jaworski

Quand on aime, on ne compte pas !

Voilà le genre de platitude que Breth aime bien me sortir lorsqu’il est en défaut d’inspiration, et qu’il lui faut une réponse toute faite à l’une de mes remarques.

Quand on aime, on ne compte pas... Les expressions faciles seront donc mon fil d’Ariane, notamment celles que mon complice aime à me rabattre les oreilles.

Après Gagner la guerre – le roman, puis Gagner la guerre - la BD ; voici la nouvelle. En fait, c’est plutôt le recueil de nouvelles qui comporte la nouvelle « Mauvaise donne », préquelle du roman mettant en scène pour la première fois Don Benvenuto, et qui est l’exacte source d’inspiration de la BD.

Pour rappel : j’avais adoré le roman, j’avais trouvé la BD de grande qualité. La nouvelle est également superbe. On retrouve une histoire parfaitement menée et haletante (c’est celle de la BD). Un scénario aux petits oignons (encore une expression de Breth) : complot, calcul politique, action,… Le tout rendu par un auteur qui « n’est pas manchot » (Breth et ses expressions…) avec son stylo (ou son PC)…

Pour l’histoire, je vous renvoie donc à ce que j’avais écrit pour la BD :

« L’action principale se déroule à Ciudalia, alors que Don Benvenuto, fripouille attachante, intelligent et membre renommé de la guilde des Chuchoteurs, guilde d’assassins de la ville, accepte un contrat destiné à poinçonner un bourgeois de cette cité, qui n’est pas sans rappeler la Renaissance italienne. Malheureusement pour lui, Benvenuto ne parvient à remplir son contrat, et tombe les deux pieds dans un traquenard ; le chasseur se fait proie et il se rend compte qu’il s’est fait duper, ainsi d’ailleurs que le parrain qui l’a lancé sur ce contrat…

A cette histoire principale, se greffe, au moyen de flash backs, une histoire parallèle qui se déroule 3 années auparavant, où il est question de Don Benvenuto et d’un personnage directement impliqué dans l’histoire principale : Leonide Ducatore (le Podestat dans le roman) et où l’on découvre la vraie nature de ce dernier. Je n’en dirai pas plus pour ne pas trop en dévoiler. »

En résumé : c’est du lourd, du très lourd, pour reprendre encore une expression de Breth lorsqu’il veut insister sur la qualité d’un écrit, d’une pensée, ou d’un discours. On notera néanmoins l’absence d’humour par rapport au roman.

Le recueil compte 8 nouvelles, toutes très différentes les unes des autres. Après « Mauvaise donne », mes préférées sont « le confident » et « un amour dévorant ». La première raconte l’histoire d’un prêtre du Dieu Desséché, qui a fait vœu d’obscurité : son enfance et son entrée dans l’ordre du Desséché, son ascension, son vœu…Une histoire très sombre, mystique mais prenante, troublante. Du grand art.

« Un amour dévorant » présente un côté gothique : il est question de deux êtres forêt, tous deux aimant la même femme, pour des raisons différentes, réduits à l’état de fantôme hantant une forêt. Un homme tentera de mettre fin à cette malédiction. Une chute somptueuse pour ce conte sombre. 

Il y a aussi : « Jour de guigne » où l’on s’amuse à suivre Maître Calame de l’Académie des enregistrements en charge de recopier de vieux manuscrits, scribe atteint du Syndrome du Palimpseste : une malédiction qui le rend malchanceux.

« Le conte de Suzelle » : un très beau conte mélancolique où l’on suit une petite paysanne du moyen-âge rêveuse et pleine d’imagination.

J’arrête là le catalogue. Je vous rassure : il n’y a pas que des contes ; certaines nouvelles sont plus belliqueuses, mais toujours avec beaucoup de poésie.

En bref : que du bon. Une écriture précise, riche, de grande qualité. Des histoires prenantes et très différentes.

Vous entendrez encore parler de Jean-Philippe Jaworski sur ce blog. On ne se lasse pas de le lire. « Quand on aime, on ne compte pas ».

Histoire : 4

Style : 4,5

Confort de lecture : 4

 

Une critique rédigée par Harken

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