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Les harpies de Breth Harken

Les harpies de Breth Harken

- Je parle de harpies dans le second roman que je suis en train de terminer (à nouveau une trilogie)…

- Attends ! Un second roman, une trilogie ! Tu ne recules devant rien, toi décidément !

Oui, quand je commence un billet… Harken n’est jamais très loin. lol

- Pourquoi tu dis ça ?

- Pourquoi ? Relève-t-il, étonné par ma naïveté. Mais parce que ton premier roman « la trahison des alchimistes », est toujours en tirage chez l’éditeur, ça bloque, ça s’éternise, et toi, tu continues tranquille à écrire…

- C’est une passion, l’écriture m’anime. Je pense que mon éditeur fait volontairement traîner les choses parce que nos rapports sont tendus… ça fait neuf mois que le contrat est signé, il va finir par accoucher (lol) !!! De toutes façons, j’avais commencé ce nouveau roman avant la signature du contrat.

- Okay, et il s’appelle comment ce nouveau roman ?

- « Arkenide », c’est le nom du monde dans lequel j’ai fait évoluer mes héros. C’est de la fantasy bien sûr, et il y a notamment des harpies. Mais elles sont assez éloignées de leur origine mythologique. Pour moi, dans ce monde-là en tous cas, ce sont des femmes qui ont une espérance de vie très courte et qui par conséquent sont contraintes à des sacrifices pour la prolonger.

- Et elles sont aussi particulièrement lubriques et sensuelles, précise-t-il, une lueur justement lubrique dans le regard.

- Parce que c’est pour elles vitale ! Elles ont besoin de se reproduire pour perpétrer l’espèce, et dégagent donc des phéromones qui excitent les males. Cet extrait insiste sur ce côté lubrique de mes harpies, l’un de mes personnages principaux, Brass Khoran, un lycan, va en être la « victime » plus ou moins consentante. C’est ce que je raconte dans cet extrait.

Illustration de Boris Vallejo

Illustration de Boris Vallejo

Extrait : « L'appétit sexuel des harpies n'avait rien d'une légende et Brass pourrait en témoigner toute sa vie. Après l'attaque du village, ils marchèrent à vive allure toute la nuit, profitant des ténèbres pour y puiser la force et l'énergie nécessaire pour distancer leurs poursuivants. Mais lorsque le jour se leva, qu'il fallut gagner le couvert des sous-bois pour se protéger des rayons aveuglants du soleil, les harpies s'organisèrent pour monter un extraordinaire camp de fortune.

Grâce à leurs ailes, elles s'élevèrent sous ses yeux sous les frondaisons et extirpèrent des branches, une toile faite de lianes et de fougères qu'elles tendirent entre les troncs. L'attaque avait été bien préparée, leur retraite aussi. Le seigneur des Ombres avait prévenu les harpies de sa venue et elles avaient fait le nécessaire pour lui faciliter sa mission.

Mais ce qu'il ignorait, c'est qu'une fois la tente de fortune tendue, une fois les prisonnières humaines enlevées du village, solidement attachées, les harpies avaient manifesté leur désir de s'accoupler avec lui. Il était épuisé et il avait d'abord tenté de repousser poliment leurs avances en faisant mine de vouloir dormir, mais c'était sans compter sur la persévérance et la sensualité des créatures de la forêt.

Elles commencèrent par jouer un air de flûte et exécuter une série de danses lascives qui le fascinèrent immédiatement. C'était aussi l'une des nombreuses facultés des harpies que de pouvoir séduire les soupirants les plus rétifs à leurs charmes, pourtant bien réels. Les femelles s'employèrent à l'envoûter en prenant les poses les plus suggestives puis exécutèrent de petits vols gracieux au-dessus de lui afin de lui exhiber leur intimité sous un angle nouveau. Il ne lui en fallut pas plus pour sentir sa virilité se réveiller, et les harpies se jetèrent dans ses bras pour le couvrir de baisers et de caresses. Il passa la journée à les contenter et se demanda même comment il avait pu répondre à leurs avances tant elles furent nombreuses à le solliciter. Cela aussi faisait partie du pouvoir secret des harpies. Lorsqu'il se réveilla à la tombée de la nuit, il n'aurait su dire combien il en avait baisé, ni à quel moment il avait fini par perdre connaissance, mais son sexe était douloureux de plaisir.

Il s'étira, bâilla et se leva encore plus fatigué qu'au matin lorsqu'il espérait encore naïvement pouvoir se reposer. Il était nu et les harpies qui dormaient aussi à ses côtés s'éveillèrent en même temps que lui… L'appel de la nuit… Elles gloussèrent à la vue de son sexe et lui lancèrent des regards lascifs et reconnaissants pour le plaisir qu'il avait su leur donner. 

Illustration de Julie Bell

Illustration de Julie Bell

Elles étaient une quinzaine sous la tente végétale et il se demanda s'il avait eu à honorer toutes ces garces. Leurs petits ricanements lui laissèrent à penser que oui, et il se demanda comment il avait pu réaliser pareille prouesse. Lui que les femmes humaines avaient toujours repoussé, tenait aujourd'hui une belle revanche. Il sortit de la tente tel un roi qui quitte son harem après avoir satisfait toutes ses femmes. Pourtant avant ce jour, pour satisfaire ses appétits d'homme, il avait dû se contenter de bordels et payer très cher les putains, surtout celles de la rade, les moins exigeantes, les moins séduisantes également.

Les humaines prétextaient la rousseur de ses cheveux, ou son odeur agressive de lycan qu'il n'avait jamais réussi à totalement masquer pour repousser ses avances ou lui faire payer le prix fort, une simple passe de quelques minutes. Il n'y avait guère que les succubes pour apprécier sa bestialité, mais là aussi, il fallait payer très cher. Et ce n'était pas avec ses modestes revenus de tailleur de pierres qu'il pouvait se payer les services d'une succube.

Il pissa contre un arbuste à la sortie de la tente et faillit éclabousser une harpie trop curieuse, venue le reluquer. Non, décidément, la réputation des harpies n'était pas usurpée, il s'agissait bien de créatures lubriques et insatiables… »

Illustration de Boris Vallejo

Illustration de Boris Vallejo

Les harpies de François Perrier, peintre du XVIIème s. (visible au Louvre)

Les harpies de François Perrier, peintre du XVIIème s. (visible au Louvre)

La harpie, divinité des tempêtes pendant la mythologie.

La harpie, divinité des tempêtes pendant la mythologie.

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