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Havrefer de Richard Ford

Havrefer de Richard Ford

Havrefer Tome 1 : « Le héraut de la tempête » (4ème de couverture)

Capitale portuaire des États libres, havrefer était jadis un symbole de puissance. Mais le roi est parti en guerre et la ville pourrit de l’intérieur. Profitant de la fragilité du pouvoir, le seigneur de guerre Amon Tugha approche. Son héraut s’est infiltré dans la cité pour recruter une pègre redoutable, tandis qu’un mystérieux sorcier terrorise la population en commettant d’atroces sacrifices. Alors que l’ombre du chaos se profile, un groupe inattendu se forme : un mercenaire, une jeune mendiante, un apprenti magicien, une princesse et un assassin vont s’allier ou s’affronter au sein des murs de la cité… sans savoir encore que chacun d’eux a un rôle-clé à jouer dans le destin de havrefer, qui s’annonce sanglant.

 

La quatrième de couverture annonce la couleur, ça part dans tous les sens : sacrifice, guerre, enquête, magie, infiltration… les personnages foisonnent : assassin, princesse, magicien, mendiante, mercenaire… Il y en a pour tous les goûts, ça ratisse large. Tous les ingrédients sont réunis pour me décevoir, car j’aime quand il y a beaucoup de héros, mais dans ce cas, il faut qu’ils soient intéressants, fouillés, originaux… J’aime quand l’intrigue se situe à tous les niveaux, depuis les arcanes du pouvoir aux caniveaux de la populace, et le résumé parle de princesse, de roi, mais aussi de mendiant, de mercenaire… J’adhère tout de suite et j’achète. Mais derrière, notre auteur ne doit pas me décevoir, sinon il s’attire les foudres de ma critique ! Alors, défi relevé ou déception à l’arrivée ?

L’intrigue est multiple et c’est une première originalité. Chaque personnage suit le destin que Richard Ford leur a tissé, sans lien apparent les uns par rapport aux autres. Mais, ce n’est pas une surprise (et le contraire aurait été étonnant voire décevant), nos personnages vont se croiser et les histoires se mêler. Même si ce premier tome ne jette que les prémices de liens plus fouillés et complexes pour la suite. Ce premier défi est relevé car l’histoire, avec en toile de fond la guerre qui fait rage aux confins, nous réserve quelques surprises, quelques retournements bien sentis. Les personnages permettent à l’auteur de nous décrire les différents quartiers de Havrefer, son histoire, sa populace. Bon, je dois admettre que je reste un peu sur ma faim quant aux descriptions de la cité (un peu fugace et surfaite) ou l’histoire des familles et des royaumes qui entourent Havrefer. Mais tout ne peut être révélé en une fois dans le premier tome. Laissons planer encore un peu de mystère, dévoilons peu à peu la profondeur de ce monde, qui, si il est bien exploité et approfondi par la suite, pourrait se révéler aussi fascinant qu’Essos et Westeros (oui, bon, là, j’exagère peut-être un peu quand même).

Il n’empêche que le monde de Ford a du potentiel, et ses personnages aussi. Relevons que les personnages féminins sont aussi nombreux et intéressants que les personnages masculins. La parité fait son chemin, et la caricature n’a pas sa place ici. Une princesse, une magistra (pour ne pas dire magicienne, je trouve cela un peu ridicule), une mendiante-voleuse, une espèce d’amazone-templière, il y en a vraiment pour tous les goûts. Evidemment, la force du roman, c’est que ces personnages sont confrontés à des situations pour le moins déstabilisantes, ce qui rend dès lors l’intrigue, encore plus prenante.

Que dire alors du style ? Vais-je alors émettre quelques réserves ou valider sans condition ce premier tome ? Car pour l’heure, il n’y a rien à redire, aucune fausse note à relever. Eh bien, quitte à livrer une critique sans nuances (et c’est rare chez moi, relisez les dernières 😉 le style est vraiment bien…

Bien ? C’est tout ? Ah non jeune homme, c’est un peu court ! On aurait pu dire bien des choses en somme ! Un rythme enlevé, des phrases bien tournées, mais est-ce étonnant ? Notre auteur a derrière lui une carrière à faire pâlir d’envie le néophyte que je suis : une vingtaine de romans à son actif, le prix pullitzer en 1996 (pour son roman « indépendance »), le prix fémina en 2013 (pour « Canada »), et le prix «princesse des Asturies » en 2016 pour l’ensemble de son œuvre (j’ignorais que ce prix existait… lol). Bref, ce ricain originaire des bayous du Mississipi, est un vrai touche à tout talentueux, et c’est sans réserve que je vous encourage à découvrir sa magnifique incursion dans le monde de la fantasy.

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