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Sénéchal de Grégory Da Rosa

Sénéchal de Grégory Da Rosa

Assis sur nos montures, Breth et moi devisons en revenant vers notre belle cité, Breth pour faire l’éloge de son œuvre, « la trahison des alchimistes », et moi profitant du tumulte de ces braves gens vidant partiellement leur bourse lors de l’achat de cet ouvrage, pour les leur vider complétement.

- Devinette, mon cher Breth : que t’évoque sénéchal ?

- C’est le nom que l’on donne dans certaines contrées au grand officier chargé de gouverner la maison du Monarque, répond-il très doctement. Il peut s’agir également d’un officier royal chargé de rendre la justice au nom de son Roi.

- C’est aussi le titre d’un ouvrage médiéval fantastique de Grégory Da Rosa. C’est le premier roman de l’auteur et je viens d’en terminer la lecture.

Je retire l’exemplaire que je conserve dans ma musette et lui tend pour lui montrer de quoi je parle.

Breth jette un œil sur la couverture (c’est la version « Poche ») d’un air de dégoût sur laquelle on voit sur un fond rouge une tête royale de profil surmontant quelques piques et gonfalons ; le tout est insipide. Il est vrai qu’elle n’a rien de comparable avec celle de son bouquin.

Puis, il se met à lire le quatrième de couverture : « Lysimaque, fière capitale du royaume de Méronne, est encerclée et menacée par une mystérieuse armée. Et pour le sénéchal Philippe Gardeval, ce n’est que le début des ennuis. Son ami, le Roi de Méronne est victime d’une tentative d’empoisonnement. Ainsi, un ennemi est déjà dans l’enceinte du château ! Sous quels traits se cache le félon ? Les adversaires politiques ne manquent pas à la cour… Entre manigances et luttes de pouvoir, le sénéchal va devoir faire preuve d’ingéniosité pour défendre sa ville et son roi au risque de se mettre lui-même en danger ».

- Alléchant, ajoute-il.

- C’est le mot ! Et le contenu vaut de détour. L’histoire commence alors que notre héros, le Sénéchal, est réveillé brutalement par l’architecte du Palais qui lui apprend que la cité se fait assiéger. Tout au long du livre, ledit Sénéchal chronique cette période troublée. Le lecteur le suit dans ce contexte particulier. Les premières scènes décrivent sa confrontation avec son ami le roi et surtout sa Cour au sein de laquelle certains le méprisent lui qui, parmi ces gens « bien nés », n’est pas noble de naissance, mais qui, grâce à son amitié royale, a pu devenir une sorte de « Main du Roi ».

- Les animosités entre membres d’une même Cour, ça me parle, m’interrompt Breth faisant référence (de manière peut-être trop systématique) à « la trahison des alchimistes ».

- L’auteur prend le temps d’installer ses personnages et il est vrai que cela m’a un peu surpris car au bout de 100 pages sur 360, le chroniqueur n’est pas encore aller jeter un œil sur la concentration d’armées autour de la Cité. Si l’on parle d’un siège, on s’attend à ce que cela soit le thème central. En fait, ce n’est qu’au tiers de l’ouvrage que j’ai découvert qu’en fait, c’était le premier tome d’une trilogie, ce que l’éditeur aurait pu prendre le soin d’indiquer sur la couverture ou en quatrième de couv’ .

Breth regarde à nouveau le livre au recto et au verso acquiesçant à mon propos.

- Il n’en faut pas beaucoup pour te perturber ! dit-il d’un ton moqueur.

J’ignore sa remarque et poursuit :

- Le scénario est bien mené, les dialogues plaisants. Une menace à l’extérieur de la cité mais également en son sein. Des enjeux politiques et religieux...Peu de scènes de combat, 2 en fait, mais parfaitement maitrisées dont un combat mystico-magique dans la Cathédrale qui met aux prises d’importantes forces magiques et religieuses. Puisque le roman est écrit à la première personne, l’auteur s’attache à la psychologie de son personnage, à ses relations familiales, ses relations avec la cour, sa vision de la société dans laquelle il évolue… 

Nous approchons des portes de la Cité et passons la garde sans difficultés, encore que j’ai craint un moment que mon ami Breth, rebelle comme l’est tout artiste, n’irrite les soldats par des remarques ironiques dont il a le secret et qui ne sont parfois pas toujours comprises par ses victimes…

Cette étape passée, je termine ma chronique juste avant que nous entrions dans notre auberge préférée…

- Pour finir, ce premier tome pose le décor. D’ailleurs, l’auteur prend son temps et n’est pas avare en descriptions, qui m’ont paru parfois un peu longues notamment avec ce souci parfois excessif du détail dans la description des costumes par exemple. Mais cela ne gâche rien car l’auteur semble être attaché à la véracité de son monde en y incluant l’usage d’un vocabulaire probablement moyenâgeux, une importance de l’héraldique et bien évidemment le détail dans les parures. J’espère que la suite confirmera le plaisir que j’ai goûté à lire ce premier tome.

Je crois qu’à la fin de ma chronique mon ami ne m’écoutait plus, pressé de boire une bière bien fraiche et de raconter ses séances de dédicaces à qui voudra bien l’entendre…

Rédigé par Harken...

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