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Le sang et l'or, les filles de l'orage (tome 1) de Kim Wilkins

Le sang et l'or, les filles de l'orage (tome 1) de Kim Wilkins

Les filles de l’orage, est le premier tome d’une quadrilogie de Kim Wilkins parue aux éditions Bragelonne « le sang et l’or ». Mais attention, à ma connaissance, il n’y a que les deux premiers tomes qui ont été traduits, après il est possible de les lire en anglais, ils sont disponibles sur la plupart des plateformes.

De toutes façons, je vais vous parler ici du premier tome et vous verrez bien ensuite si cela vaut la peine de lire les suivants. Avec une telle entrée en matière, vous allez tout de suite penser que le roman ne m’a pas plu… Et vous n’aurez pas entièrement tort, mais pas entièrement raison non plus. Mon avis est nuancé. D’abord, résumons un peu l’histoire avec la quatrième de couverture :

« Victime d'un sortilège, le roi du Thyrsland est plongé dans l'inconscience. Si ses ennemis viennent à l'apprendre, ce sera le chaos. Craignant pour sa vie et l'avenir du peuple, ses cinq filles entament un dangereux voyage afin de le sauver, plaçant tous leurs espoirs dans une mystérieuse adepte de la magie vivant aux frontières du Nord. Personne n'ose affronter la fille aînée du roi, Bluebell, combattante féroce et tatouée, chef de guerre prétendument invincible. Pourtant, chacune de ses soeurs garde un secret qui pourrait influer sur le destin du royaume. Et quelqu'un de très proche d'elles oeuvre dans l'ombre, se liguant avec leur plus grand ennemi, le roi Corbeau, afin d'assouvir sa soif de pouvoir. Les cinq soeurs doivent unir leurs forces au plus vite si elles veulent sauver le Thyrsland de la ruine… »

A la lecture de ce résumé, j’ai découvert que notre héroïne était tatouée et ce détail qui figure sur la quatrième de couv’ me fait bien rire. Bluebell, combattante féroce et tatouée (on est un peu dans la caricature là, non ? C’est une dure à cuire, elle est tatouée… mdr…)

Passons ce détail pour une analyse plus sérieuse. L’histoire est plaisante (pas passionnante non plus, mais plaisante) et son gros atout est qu’elle repose sur cinq héroïnes, cinq sœurs (les fameuses filles de l’orage… Maintenant, je cherche le rapport avec l’orage, ça sonne bien, j’avoue, mais sinon, le lien avec leur avenir qui s’assombrit parce que l’orage est tout proche me semble vraiment tiré par les cheveux… Encore un détail…) D’ailleurs, je n’ai pas trouvé non plus de correspondance avec le titre de la saga « le sang et l’or ». Mais revenons à nos sœurs car c’est plus intéressant. Elles sont vraiment bien décrites, et c’est le point fort du livre, car les rapports qu’elles entretiennent sont vraiment très plausibles et cohérents. Leur caractère, leur croyance, leur âge et leur passé expliquent les affinités qu’elles peuvent avoir (ou pas). C’est réaliste et bien amené car elles sont évidemment très différentes…

On a Bluebell la guerrière, l’héritière du trône (vous savez la tatouée), la douce Rose, la romantique infidèle, tiraillée entre son mari (accessoirement roi) et un amant (accessoirement son neveu et simple guerrier), la mystérieuse Ash qui commence à découvrir ses talents de sous-magicienne, et enfin les deux dernières, des jumelles, Willow et Ivy, elles aussi très différentes puisque la première est une adepte de la nouvelle religion du trimartyre (ça vous dit quelque chose, moi aussi, surtout dans la façon dont cette croyance est décrite… Sacrifice, souffrance, anges et péchés) alors que la seconde est tiraillée par ses hormones (elle a le feu au cul si vous préférez).

Toutes les sœurs ont leur importance, leur vision du monde, leur cohérence propre, leurs désirs, et ça, c’est vraiment bien car on pressent qu’elles auront un rôle dans le dénouement du récit dans les volumes à venir. Aucune n’est négligée, et Kim Wilkins sait rendre leurs mésaventures intéressantes (bien que très différentes). Le style d’ailleurs est plutôt fluide, ça se lit facilement, bien qu’un détail (encore un) m’ait beaucoup gêné à la lecture. En effet, il est beaucoup question de sous-magie et de sous-magicien, je ne comprends pas ces écrivains qui refusent d’appeler les choses par leur nom. Dans la mesure où il n’y a pas de magicien et de magie, pourquoi les qualifier de « sous »… C’est énervant à lire croyez-moi. Il peut exister une sous-magie si dans l’histoire, à un moment donné, on est confronté à de la magie, sinon, c’est sans intérêt !

Les personnages sont donc attachants, surtout nos cinq sœurs que l’on croit au départ très liées et que l’on découvrent au fil des pages, détentrice de secrets, et moins attachées à la famille que l’on avait pu le penser. Hélas, le récit manque d’ambition, de souffle, de grandiloquence. Point de paysages somptueux, de cités majestueuses, de citadelles inexpugnables. Les rois vivent dans de simples longères, genre fermes fortifiées… Bof… Les combats souffrent de la même critique. C’est étriqué, l’affrontement le plus spectaculaire oppose Bluebell à quatre Raiders (genre vikings bien bâtis), et elle se fait grave touchée… Alors que sa réputation d’invincibilité, d’ogresse, de fine lame, court tout le royaume, et terrorise tous ses ennemis… Y’a comme une distorsion avec sa légende, non ? Embarrassant… Il n’y a pas le côté épique que l’on peut espérer d’un bon roman de fantasy.

Les filles veulent sauver leur père, victime d’une malédiction, et partent pour cette périlleuse expédition avec deux guerriers et… deux chiens… Un peu juste quand même… Mais bon, au vu des dangers rencontrés finalement, non… Alors quand je lis sur la quatrième de couverture que le sang et l’or possède « Une intrigue à la hauteur de Game of Thrones… Tout comme chez George R.R. Martin, les personnages sont prêts à tout pour monter sur le trône. » (Fantasy Faction), je m’étrangle… On est loin, très loin de l’univers foisonnant de Martin, et pour l’instant, les quelques prétendants au trône ont la trouille de notre héritière tatouée… Comme si Daenaerys, John Snow, ou Stannis Barathéon avait eu peur de Cercei ?

« Wilkins imagine un monde magnifique, authentique et très riche. » (Kirkus Reviews)… Oula il s’enflamme aussi notre ami Kirkus (une revue australienne, ceci explique cela), car notre auteure Kim Wilkins est d’’origine australienne. Elle a publié son premier roman en 1997, et n’a cessé d’écrire depuis. Titulaire d’un doctorat, elle enseigne l’écriture à l’université du Queensland. Ses livres sont traduits dans dix-sept langues. Elle a remporté de nombreuses récompenses, dont le prix Aurealis 2013 (pour « le grimoire »). Je doute que cela suffise à me convaincre de lire la suite…

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