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Interview de Léa Northmann

Interview de Léa Northmann

Pour cet entretien avec Léa Northmann, l’auteure des « chevaux des Dieux » nous a invité devant les écuries royales de Kos, au centre des haras. Les présentations faites, elle se fait une joie de nous faire visiter les lieux, et surtout de nous présenter ses locataires. Elle passe d’un box à un autre, caresse des museaux, des crinières, observe les sabots, flatte des flancs, des croupes, des encolures. Harken et moi la regardons avec une certaine distance. Nous sommes de piètres cavaliers. Mais la complicité qu’elle semble tout de suite lier avec l’équidé, est communicative, et fait plaisir à voir.

Au milieu des haras, elle ne sait plus où donner de la tête.

 

- Ici, c’est un alezan… Là, un bai… Et celui-ci, tout en puissance, un percheron… et ce frison, magnifique avec sa robe noire luisante. Et là, cette tâche blanche en bas de la jambe, vous voyez ? C’est une balzane.

 

Elle me fait songer à une petite abeille qui butine d’une fleur à une autre. Pour sûr, elle est dans son élément. Elle est intarissable.

 

- C’est bien beau les bais, les alezans, les percherons, les frisons, mais les chevaux des dieux dans tout cela ? Y sont où ?

 

C’est Harken qui se rappelle à notre bon souvenir. Et il n’a pas tort… Nous sommes venus pour ça… Dans le tome 2, la première allusion à ces chevaux tarde aussi à venir, et ne se trouve pas avant la moitié du roman.

 

« Nos chevaux sont mi-guépard, mi-lévrier. Et le soleil les a recouverts de son or. Ce sont les chevaux des Dieux. »

 

Elle répond par un délicieux sourire qui suffit à apaiser l’impatience mon compagnon… Pas moi, je la relancerai bientôt à ce sujet, mais dans un lieu plus approprié aux confidences. Notre déambulation dans les écuries finit par nous mener, comme souvent avec nous, à la taverne… Le fameux lieu plus approprié. Tous les chemins mènent à la bouteille ! Nous nous installons à une table et commandons un pichet d’hydromel.

 

- C’est vrai Léa, pourquoi ce titre, « Les chevaux des dieux » ?

 

- Les chevaux sont ma passion depuis toujours, comme vous l’avez déjà deviné. J’ai commencé à monter à cheval à l’âge de 7 ans. J’ai évolué dans le milieu équestre pendant plus de 20 ans, notamment dans des élevages de pur-sang arabe. Toutes les scènes avec des chevaux dans la trilogie sont véridiques. D’ailleurs le premier tome est le plus autobiographique à ce sujet.

 

- Oui, on sent dans les descriptions, les termes, que tu maîtrises ton sujet…

 

- Faut dire que j’ai également eu la chance de rencontrer une troupe de cascadeurs spécialisée dans les spectacles médiévaux. Ils m’ont appris beaucoup de techniques de combat à l’épée et à la  lance, à pied et à cheval. Les scènes d’entraînement des écuyers et des chevaliers sont donc aussi autobiographiques.

 

- D’où le lien avec l’époque médiévale.

 

- Oui, j’adore cette époque. J’adore visiter des sites médiévaux, y écouter les guides, lire des romans historiques sur cette époque, je suis également sur des groupes spécialisés sur FB. Bref ici aussi, c’est un vrai coup de cœur, je dirais presque un grand amour. A noter que toutes les recettes de cuisine dans ma trilogie sont authentiques.

 

- Et quelles sont tes références en matière de fantasy ?

 

- J’ai vu presque tous les films «piliers » dont tu as parlé dans tes chroniques. Mais je puise plus mon inspiration dans les sagas de Robin Hobb (L’assassin royal), Blood song d’Anthony Ryan, La reine celte de Manda Scott, Le livre de Cendre de Mary Gentle, le cycle d’Avalon de Marion Zimmer Bradley pour n’en citer que quelques-uns. Par contre je n’ai ni lu ni vu le seigneur des anneaux ou Games of thrones...

 

- Oh quelle hérésie !!! Ca ne se dit pas voyons !!!

 

- Moi je trouve au contraire que sa franchise l’honore, s’immisce Harken en posant sa paluche sur la sienne. Il lui tapote doucement le dos de la main, et Léa tente de la retirer sans qu’il n’en prenne ombrage. Quel lourdaud !

 

- Et le côté érotique ? Repris-je. Ca te gêne d’en parler ou on peut aborder le sujet ? Parce qu’il y a de nombreuses scènes un peu olé olé qui égrainent ton récit.

 

- Non, ça me gêne pas du tout. Pourquoi cela me gênerait ?

 

Harken profite de cette remarque pour essayer de me mettre mal à l’aise.

 

- C’est vrai quoi, tout le monde n’est pas coincé comme toi !

 

Je hausse les épaules, feignant l’indifférence et me retourne ostensiblement vers notre jeune auteure, qui fait mine de ne pas avoir entendu.

 

- Comme beaucoup j’ai été intriguée par le phénomène 50 nuances de Grey. Aimant lire et bien j’ai lu. Mais je suis restée un peu dérouté par le côté «obscur » de cette relation. Je me suis rendue compte qu’il y avait une mode littéraire sur le bad boy et sa petite amie un peu naïve. Je me suis également rendu compte que cette vision d’une relation amoureuse était très pernicieuse, une espèce de syndrome de Stockholm sexy. Je n’adhère pas vraiment. J’ai voulu parler de ma façon de voir l’amour : le respect, le partage, l'écoute, et le sexe aussi bien sûr, je ne suis pas une nonne... 

Alors j’ai tout mélangé dans ma tête, mes souvenirs du monde équestre, un royaume imaginaire médiéval, une histoire d’amour. Le culte de Maïa m’a permis d’aborder les thèmes du désir, du plaisir, de la jalousie, de l’érotisme et de l’amour. Et...Tadam Eléa est née !

 

- Eléa est l’héroïne des « chevaux des dieux ».

 

Je le précise pour Harken dont je doute qu’il ait pris la peine de lire l’ouvrage. Mon ami me répond d’un rictus entendu et profite du petit moment de flottement qui semble marquer la fin de notre entretien, pour revenir à la charge. Il se tourne vers Léa avec son sourire de jeune premier.

 

- Moi, ce que j’ai bien aimé, ce sont tous les lieux visités. Nous avons cela de commun, damoiselle, notre goût pour le voyage. Les paysages que vous décrivez m’ont littéralement transporté !

 

- Ah oui, je suis heureuse de l’apprendre. (Et moi donc, c’est sa façon de me signifier qu’il a fait l’effort de lire son livre). D’ailleurs, pour le Royaume d’Argalh, les paysages s’inspirent de lieux réels en Europe, Afrique du Nord, Scandinavie, Asie et Amérique du Sud. Et mes personnages existent presque tous dans la vraie vie, d’ailleurs certains se sont reconnus.

 

- Tu y as mis beaucoup de toi-même, on dirait, je me trompe ?

 

- La dédicace du premier tome en dit beaucoup sur ce sujet : « A ma fille, pour qu’elle sache d'où elle vient ... » Il y a énormément de mes souvenirs de jeunesse et d’adolescence dans le premier tome. D’ailleurs ma mère a reconnu beaucoup de monde 😂

Il y a aussi des personnages inspirés de la famille de mon mari, notamment le Vieux Roi qui est le double de l’arrière-grand-père paternel de ma fille. Il est réellement décédé après m’avoir aidé à faire pouliner une jeune jument. Je voulais lui rendre hommage.

Bref si le tome 3 est le plus épique et le tome 2 le plus érotique, le tome 1 est le plus autobiographique. Je voulais laisser une trace de tous les merveilleux moments que j’ai vécu avec les chevaux. 

 

Vous l’aurez compris, Léa Nothmann est une passionnée, et elle a mis toutes ses tripes dans sa trilogie. Je vous en livrerai ma critique prochainement, accompagnée de quelques extraits, histoire de vous faire découvrir son univers, sa plume, ses personnages…

Interview de Léa Northmann
Les Quatre Cavaliers de l'Apocalypse (de gauche à droite) : Mort, Famine, Guerre et Conquête dans un tableau de 1887 par Viktor Vasnetsov.

Les Quatre Cavaliers de l'Apocalypse (de gauche à droite) : Mort, Famine, Guerre et Conquête dans un tableau de 1887 par Viktor Vasnetsov.

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