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Sucker Punch

Sucker Punch

C’est par hasard que je me suis retrouvé devant ma petite lucarne (enfin quand même assez grande, je suis assez verni de ce côté-là) au moment où débutait ce film… Je dois avouer ne pas avoir zappé quand j’ai vu le titre « sucker punch », parce que je me suis dit « qu’est-ce que c’est que ce film avec un titre pareil ? »

 

- Et moi je dis que t’aurais dû zapper, ça m’aurait évité de me taper ce navet…

Ah oui, Harken est à mes côtés, comme souvent, c’est un peu le principe de notre blog, et je l’ai obligé à visionner le film pour qu’il me dise ce qu’il en pense ! Il en est revenu avec un avis assez différent du mien, d’où l’idée d’en faire un petit billet « controverse » !

 

- C’est vrai quoi, où sont-ils allés chercher ce titre à la noix ? En plus, parce que j’ai cherché la signification, ça veut dire « coup interdit », « coup tordu », mais je ne vois pas trop le lien avec le film.

- Pas faux, je concède que le titre m’a intrigué, mais qu’il n’a pas vraiment de rapport avec l’histoire. Je vous le pitch rapidement. On est dans les années 1960, une jeune fille de 20 ans, surnommée « Babydoll » (Emily Browning), qui vient de perdre sa mère, se retrouve à vivre avec sa petite sœur et son beau-père tyrannique, limite libidineux. Elle va être internée dans un asile psychiatrique à la suite du décès de sa sœur, qu'elle a accidentellement tuée en essayant de la protéger de leur beau-père (Gerard Plunkett).

- Déjà, je t’arrête, quel rapport avec la fantasy ? Tu commences à faire beaucoup de digressions, il y a la critique littéraire de « Damné », et maintenant ce film…

- Quelle mauvaise foi de ta part ! C’est un film qui fait référence à la pop culture, et la fantasy en fait partie, il y a quand même de longs extraits que l’on peut classer dans la fantasy. Et évite de m’interrompre durant mon résumé sinon, nos lecteurs ne vont rien y comprendre ! Notre héroïne, Baby Doll se retrouve donc internée dans un asile bien pourri, ce qui arrange bien le beau-père qui espère ainsi récupérer l’héritage de sa défunte épouse. Ce fumier, car c’en est, s’arrange même avec l'infirmier responsable de l'asile, Blue Jones (Oscar Isaac), pour que la jeune fille soit lobotomisée au plus vite afin d'éviter que quelqu’un puisse recueillir son témoignage (ce qui le compromettrait définitivement et l'empêcherait de toucher l'héritage).

- Vachement crédible déjà. On lobotomisait à tout-va dans les années 1960 ? première nouvelle…

- C’est le scénario, c’est pour la tension dramatique, on s’en fout que ce soit crédible !

- Non, on s’en fout pas. Avant de nous balancer dans des mondes plus « fantasy », le monde réel, par opposition, aurait dû être crédible, cela aurait donné plus de force au récit !

- Je reprends le synopsis parce que ce que je vous ai raconté tient dans les dix premières minutes du film. Baby Doll entend tout du complot, et se fixe comme objectif de s'évader de l'asile. Elle a cinq jour avant sa lobotomie… Et c’est là que le film prend un tour plus fantastique, je dirais plus onirique, parce que la jeune femme va se créer un monde parallèle où l'asile devient un cabaret dans lequel les internées sont des danseuses. Les mêmes acteurs, donc, dans des rôles différents. C’est vraiment bien trouvé, un poil déstabilisant, mais très original.

- Déstabilisant ? Mais si tu ne m’avais pas obligé à regarder jusqu’au bout, j’aurais stoppé tout à partir de ce moment où justement elle se projette dans son monde parallèle. Elle se fait son film, mais nous, on n’est pas dans sa tête et on n’y comprend plus rien !

- Te fait pas plus bête que tu ne l’es voyons ! Faut pas être sorti des grandes écoles pour comprendre ! Bon, c’est vrai que toi, tu as pris option crochetage de serrure, et vol à la tire, ça n’aide pas vraiment, mais ne sous-estimons pas nos lecteurs qui sauront apprécier les univers oniriques dans lesquels Baby Doll va nous entraîner.

- Ouais, on arrive aux passages carrément fantastiques et fantasy !

- Un vrai must, une vraie réussite ! Ces passages correspondent aux moments où Baby Doll, avec quatre autres danseuses, Sweet Pea et sa sœur Rocket (Jena Malone), Blondie (Vanessa Hudgens) et Amber (Jamie Chung), vont réaliser des missions pour le compte de Scott Glenn, en général d’armée.

- Alors là, si nos lecteurs y comprennent quelque chose, je veux bien être pendu… Remarque, j’ai rien à redire, c’est aussi confus que le film !

Sucker Punch

- Lorsque notre héroïne danse, elle se téléporte dans un autre monde parallèle, mais hypnotise tout son entourage, ce qui permet à ses complices d’agir pour récupérer quelques objets nécessaires à sa fuite. Je trouve que c’est vraiment bien trouvé de ne jamais montrer un pas de danse de Baby Doll, mais dès que la musique se met en route, on se retrouve téléporter dans son nouveau monde, et là on nage en pleine fantasy !

- Il y a les samouraïs avec ces espèces de golems dans le temple, pas vraiment fantasy, mais bon ne chipotons pas ! La seconde danse, Babydoll et ses amies sont dans des tranchées de la Première Guerre mondiale, elle est où la fantasy ?

- Ce monde-là est hyper réussi ! C’est la scène génialissime du film et tu craches dessus parce que ce n’est pas uniquement épées, magiciens et dragons ? Tu abuses ! La cathédrale en ruines dans laquelle commence cette scène est topissime, les tranchées sont remarquablement reconstituées, et les Allemands morts-vivants avec leurs masques à gaz (référence évidente aux premiers gaz apparus durant ce conflit), c’est génial ! Et les zeppelins et autres biplaces qui occupent et saturent l’espace aérien… On en prend plein les yeux, on frôle le chef d’œuvre !

- Chef d’œuvre, rien que ça ? Tu y vas fort quand même ! Moi, la scène m’a enfin sorti de ma torpeur, je le reconnais, parce que ça canarde dans tous les coins, mais bon parler de chef d’œuvre pour dix minutes de baston que l’on retrouve dans tous les jeux vidéos aujourd’hui, c’est excessif ! Parce que c’est ça qu’il faut dire à nos lecteurs, c’est un film de gamers, réalisé comme un immense jeu vidéo, et d’ailleurs, tu ne seras pas surpris d’apprendre que le réalisateur, Zack Snyder, vient du monde de la réclame ! Entre deux pubs Audi et Budweiser (des pubs qu’il a effectivement réalisées), le petit Zack s’improvise metteur en scène, et là je dis que ça ne le fait pas !

- Eh bien si justement, c’est un film « OVNI », qui ne ressemble pas aux autres, et c’est ce qui t’a dérangé en fait.

- Il ressemble aux autres justement, par bride… Le tout début, c’est pompé à mon sens sur Sin City de Franck Miller.

- Snyder a réalisé le film « 300 » d’après le roman éponyme de Miller, ceci explique cela… On y retrouve en tous cas le côté sombre à l’image, dans la lumière, l’éclairage, qui était dans « Sin City » mais aussi de son précédent film « 300 ». Et c’est aussi le réalisateur de « Justice league » quand même, donc ce n’est pas un débutant comme tu le suggères perfidement !

- Non, c’est toi qui est perfide car les trois Superman qu’il a réalisés : « Man of Steel », « Batman v Superman », et « Justice league » lui ont été commandés après ton film, et non avant ! Alors tu réponds quoi à cela mon petit Breth ?

- Que des producteurs ont su voir le talent qui couvait dans « Sucker Punch » pour l’embaucher dans ces trois films de superhéros à gros budgets.

Emily Browning avec le réalisateur Zack Snyder

Emily Browning avec le réalisateur Zack Snyder

Harken encaisse en maugréant. Il commande un nouveau punch, coco cette fois, avant de relancer.

- Et les scènes fantastiques, tu en penses quoi ? Elles sont tellement clichés qu’elles sont empreintes à tous les grands films d’action de ces 40 dernières années. Le dragon et les gobelins du troisième monde sont les copies conformes de Smaug et des gobelins de Peter Jackson. Le dragon qui s’éveille, même paupière, même rage, etc…

- Je crois que le réalisateur prendrait cela comme un compliment. Il y a tellement de film de fantasy qui nous imposés des dragons ridicules que s’entendre dire, ton dragon, dans ton film, ressemble à s’y méprendre au dragon du Hobbit, est plutôt à mettre au crédit du film !

Harken enrage car involontairement, il a mis de l’eau à mon moulin.

- Ce que je voulais dire, c’est que même si visuellement il est réussi, le film n’est pas original quand il bascule dans le fantastique et la fantasy. Le dragon qui s’encastre dans le pont en pleine poursuite, c’est carrément pompé de Harry Potter et la coupe de feu ! Les amateurs savent de quoi je parle. Et que dire des combats hyper répétitifs qui jalonnent les quatre scènes oniriques. Les filles se battent toujours de la même façon, ça saute, ça virevolte, ça court, ça bastonne à grands coups de lattes dans la gueule, à la façon Dragonball Z, et j’aurais aimé que leurs modes de combat s’adaptent au monde et aux ennemis auxquels elles sont confrontées. Et le réalisateur use et abuse des ralentis, ne me dis pas que c’est original !

Il me sourire d’un air narquois, car dans une controverse précédente, je lui avais dit que j’avais détesté ces scènes de combats tournés au ralenti dans « le roi Arthur, la légende d’Excalibur » commis par Guy Ritchie (à relire sur notre blog, en lien ci-dessous) :

Le bougre ne se gêne pas pour me resservir cet argument contre moi. Je préfère éluder et aborder un autre point.

- Et Scott Glenn dans ce rôle de général, c’est un vrai plaisir de le retrouver à coacher ses filles au début de chaque séquence !

- Un tout petit second rôle, avec un speech pour résumer la mission des filles, au cas où on n’aurait pas compris qu’elles doivent tuer tous les méchants. Et en plus on lui a imposé de finir tous ses petits speechs par une citation à la con ! Le pôvre ! Qu’est-il allé faire dans cette galère ?

- Eh bien au risque de te contredire également sur ce point, mais c’est un peu le principe de ce billet, j’ai trouvé les citations toujours bien amenées à la fin de son discours. Surtout qu’il ne s’agit pas toujours de tuer tous les méchants comme tu dis…

- Ah oui, c’est vrai, la dernière mission, faut désamorcer une bombe dans un train avant qu’elle n’arrive en ville… ça me rappelle quelques scénarios de films assez récents… Et il y a des méchants robots qui veillent au grain et qu’il va falloir dézinguer à grands coups de latte dans la gueule et de flingue dans leurs circuits…

Le ton monte, comme à chaque fois entre nous, nous sommes des passionnés, et nous tenons tous deux, toujours, à avoir le dernier mot. Je décide de ne pas entrer dans son jeu et prendre le rôle du maître zen Carradine (pour les anciens) s’adressant à son petit scarabée fougueux et encore mal dégrossi (que l’on traduirait par padawan aujourd’hui).

- N’oublie pas mon ami, que pour ceux qui se battent, la vie a une saveur que ceux qui se protègent ne goûteront jamais !

Il me regarde, incrédule.

- Tu nous fait quoi, là ?

- Je te cite Scott Glenn ! C’est une de ces phrases qu’il assène à ses filles avant qu’elles ne partent en mission, et je trouve la phrase pas si mauvaise, surtout qu’elle a un rapport avec le résumé qui précède et la mission qu’elles vont devoir mener à bien. Je ne dis pas que c’est d’une recherche excessive, mais c’est pas mal tourné.

- Oui, bon, tu n’es pas vraiment exigeant et ça me choque de devoir le dire, mais pour l’écrivain que tu prétends être, c’est d’une affligeante banalité. Heureusement que les héros de tes bouquins ne lâchent pas ces vérités à bon marché.

Je vide mon godet en voyant la serveuse ramener la bouteille de rhum, et l’invite à le remplir une fois à notre table, histoire de profiter encore du parfum de la rondelle de citron. Je me passerai du sucre de canne, l’eau de vie est de qualité. Harken me dévisage gravement avant d’éclater de rire. Il fait claquer son verre contre le mien et nous vidons d’une traite nos ti’punch en partageant notre fou-rire. A vous chers lecteurs de nous dire maintenant ce que vous en avez pensé ?

La scène du dragon (le début de la scène est coupée, et on comprend pourquoi, les gobelins nous font une chorégraphie de combat des plus pitoyables, dans les escaliers, ils sont risibles… mais elle n’est pas dans le film, je vous rassure, on reprend au gobelin dans la catapulte )

La scène du dragon (part 2, une petite partie est coupée, mais là, c’est plus discutable, parce que c’est vraiment pas mal)

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