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Gurlig et le pays de C'hoarzh

Gurlig et le pays de C'hoarzh

Un texte écrit par Olivier le Gal,

une suite fort sympathique à mon  billet publié la semaine dernière...

 - Creuse ici Gurlig, creuse là Gurlig. Y’en a marre, eux ils se pavanent au soleil alors que moi je creuse encore et toujours.

 

Gurlig n'avait pas vu la lumière du jour depuis l'aube. Il creusait une nouvelle galerie à la demande du Présiroi. Il s'était donné du courage à grande gorgée de liqueur de pomme, si bien qu'il était un peu désorienté.

 

Pourtant le mineur creusait encore et encore.

 

- Ça fait un bail que je creuse tout droit, se dit-il. Si seulement je n'avais pas oublié ma boussole, je pourrais m'en assurer. Heureusement que j'ai la flamme éternelle du druide qui continue de m'éclairer.

 

Gurlig s'offrit une nouvelle gorgée pour se motiver à continuer sa tâche ...

 

- Arg !!! Déjà ??!? C'est pas possible j'ai fini ma gourde ! Foi de mineur, gourde vide appelle à creuser en surface.

 

(Si si je vous l'assure, ce dicton est validé chez nous. La gourde est un instrument de mesure qui peut se montrer efficace.)

 

Gurlig creusa alors vers la surface avec une grande énergie. Il n'est pas l'un des meilleurs mineurs pour rien. Néanmoins, après plusieurs heures, la pioche du mineur heurta une pierre. Pas n'importe quelle pierre non. Des pierres dans le sous-sol, c'est courant, peu importe le pays ou le monde. Et Gurlig sait comment les mettre en pièces ou les contourner. Mais celle-ci était vraiment très robuste et gigantesque. Le petit homme ne s'offusqua pourtant que très peu:

 

- AAAAAAAAAAAH FICHU CAILLOU DE @&€@£¥¢$ TU VA VOIR CE QUE TU VA VOIR ! JE VAIS TE @$%#@¢ !!!!

 

(Non ! Ma décence m'interdit de vous le traduire.)

 

Le mineur sortit alors une petite fiole de son baluchon. On pouvait distinctement voir une tête de mort dessinée sur son étiquette.

(Oh non, ne me demandez pas la liste des ingrédients, le druide en a banni l'écriture, y compris sur les étiquettes, depuis des lustres. Ça lui donnait trop de travail paraît-il.)

Gurlig jeta la fiole contre la pierre et plongea au sol ... Que se passa-t-il ? Sérieusement, vous ne devinez pas ?

 

J'ai oublié, j'avoue, attendez-moi là, je vais aller lui demander la suite de son périple et me resservir une choppe de liqueur de pomme.

 

Vous êtes encore là ?

 

Bon et bien je vous raconte la suite alors. Où en étais-je ? Ah oui la fiole.

 

Un bruit sourd retentit dans toute la galerie, le mineur priait les dieux Argos et Tousiat de ne pas se faire ensevelir. Sa prière fonctionna et, après s'être vigoureusement épousseté, Gurlig put constater que la fiole avait fissuré la pierre. Et à travers cette fissure, il pouvait apercevoir la lumière du jour.

 

- Ah Ah, tout le monde descend, nous sommes arrivés à bon port, s'écria t'il gaiement avant de se rappeler qu'il était seul.

 

Il se glissa dans la l'étroite fissure, heureusement que les C'hoarzhiens ne sont pas très grands, mais pas petits ! Il déboucha sur une vaste clairière. De là il respira, à grand poumon, l'air frais entendant le chant des oiseaux et un troupeau de chevaux gambadant dans la prairie.

 

- Là-bas ! Regardez, une petite créature a endommagé notre stèle sacrée !

 

- Quoi ? Des chevaux qui parlent ?

 

Gurlig se promit (pour la 2392ème fois) qu'il arrêterait la liqueur de pomme à son retour. Pourtant ces chevaux parlaient bel et bien, ou plutôt, ils vociféraient en galopant vers le mineur ! Lorsqu'ils furent à une dizaine de mètres Gurlig comprit soudain. Il réalisait que ce n'était pas des chevaux, mais des centaures furieux après lui. Il détala alors à toutes jambes en direction opposée. Comment échapper à des centaures au galop avec de si petites jambes ? Gurlig longeait un sous-bois et décida d'y pénétrer. Sa taille serait un avantage dans cet environnement. Il parvint in-extremis à passer le premier arbre, forçant le centaure qui s'apprêtait à le piétiner à freiner des quatre fers !

 

(Si vous avez un ami centaure, demandez-lui s'il porte des fers. Si vous me l'indiquez dans les commentaires je vous négocierai une bonne remise sur le livre de nos aventures : "Chroniques du C'hoarzh", que l'auteur de ce blog a publié en me subtilisant mes histoires. D'ailleurs si vous me lisez c'est qu'il a encore frappé ! Je suis le Scribe du C'hoarzh et Olivier est arrivé par mégarde dans notre pays. Nous l'avons sauvé des loups et maintenant il me demande sans cesse de lui confier nos histoires afin de les publier. Selon lui vous en seriez friand, est-ce vrai ? Je m'égare, on se retrouve dans les commentaires et je reprends l'histoire de Gurlig.)

Gurlig et le pays de C'hoarzh

Gurlig n'était pourtant pas sorti d'affaire. Les centaures pénétrèrent à leur tour dans la forêt. Notre, désormais célèbre mineur s'enfonça donc discrètement dans la forêt afin de les semer.

 

- Vermine ! Cria soudain celui qui semblait être le chef des centaures. Cette mauviette est passée par ici je sens son odeur infâme. Il est entré sur le territoire des chevaliers-eugords ! Il est perdu, rentrons.

 

Les centaures n'avanceraient plus, Gurlig, trop heureux de cette occasion de les distancer fila tout droit. Mais il se repassa les dires du centaure dans la tête.

 

- Des chevaliers-eugords ? J'ai déjà entendu ça quelque part, mais où ?

 

C'est alors que Gurlig entendit du bruit non loin. Comme un chemin fortement fréquenté.

 

- Ah ah, une route commerciale ! se dit-il.

 

Il courut à grandes enjambées jusqu'au talus qui surplombait la route. Encore retourné de sa précédente mésaventure, il jeta un œil discrètement avant d'aborder les marchands. Ce qu'il vit le glaça alors d'effroi.

 

Je suis fatigué, je vous raconterai la suite un autre jour ok ?

 

Comment ça, non ?

 

Mais c'est moi le scribe, si je décide que j'arrête là pour aujourd'hui, j'arrête.

 

Bon ok ok, rangez vos lames, je vais vous dire ce qui glaça le sang de Gurlig sur ce chemin.

 

Gurling se cacha aussitôt derrière le talus. Là, à quelques mètres de lui, une procession de chevaliers-eugords passait. Il était terrifié, comme lorsque le druide lui fit la lecture du grand livre de Breth Harken !

 

Quoi ? Vous ne connaissez pas Breth Harken ? Le grand barde du Vos et son acolyte voleur, ça ne vous dit rien ? On aura tout vu ! Je vous mets un lien vers les chroniques de Breth Harken et surtout vers son excellent livre " la trahison des alchimistes" à lire absolument (et vous voulez un scoop ? Le tome 2 est en relecture pour une parution dans les prochaines semaines).

 

C'est d'ailleurs ce livre qui sauva la vie de Gurlig ce jour-là. Ce remémorant cette trépidante histoire, il comprit que sa galerie l'avait encore amené vers une faille spatio-temporelle et qu'il était maintenant dans le Vos. Son seul espoir était de retrouver le célèbre barde pour qu'il l'aide à rentrer chez lui.

 

Gurlig était pris au piège, au nord les centaures faisaient les cent pas, au sud une procession terrifiante lui bloquait le passage. Il grimpa dans l'arbre le plus haut et scruta les environs. Au loin, vers l'est, il lui semblait apercevoir la silhouette d'une cité. Allait-il tomber dans un nouveau danger ?

 

Il en prit la direction et après une longue marche, il fut enfin soulagé de découvrir une civilisation qui ne semblait pas vouloir l'écrabouiller. Il entra dans la ville, errant, mais son sens de l'orientation infaillible (ça reste à prouver) le mena rapidement à quelque chose qui lui semblait enfin familier.

 

Une taverne.

 

Il entra et fut surpris par les odeurs d'alcool qui s'en dégageaient. Où était le doux parfum de la liqueur de pomme ?

 

Que cela ne tienne, il n'avait pas bravé la mort pour s'arrêter là, il se dirigea donc vers le tavernier.

 

- Bonjour, brave homme, lui dit-il. Sers-moi une liqueur de pomme veux-tu.

 

Sa tête dépassait tout juste du comptoir et le tavernier lui jeta un regard interrogateur avant de répondre.

 

- C'est quoi que cet accent repoussant, tu viens d'où toi petit. Je suis désolé, mais je ne sers pas les marmots, du vent !

 

Gurlig encaissa sans broncher et balança une pièce sur le comptoir avant de répondre.

 

- J'suis pas un gosse le gros, fais ton boulot et sers-moi une liqueur de pomme.

 

Le tavernier dévisagea le mineur, ramassa sa pièce qu'il scruta sous tous les angles avant de croquer dedans.

 

- Ok ça à l'air d'être une véritable pièce même si elle n'est pas d'ici. Mais, vu sa taille, il t'en faudra deux autres pour une choppe.

 

Gurlig sentit enfin le goût de la victoire, il allait pouvoir savourer sa liqueur avant de partir à la recherche de Breth Harken. Il porta alors sa main à sa bourse ...

 

Plus de bourse !

 

Elle était là, à l'instant, il en avait tiré une pièce. Mais maintenant plus rien !

 

Il regarda au sol, rien ! Sur le comptoir, rien. Tout autour de lui, rien ! Dépité il demanda :

 

- Bon sang, ma bourse a disparu ! Que me sers-tu pour cette pièce ?

 

Le tavernier fourra la pièce dans sa poche se retourna et finit par servir un verre d'eau à Gurlig.

 

- Voilà c'est tout ce que tu auras, et tu peux t'avérer satisfait de n'pas boire l'eau des chevaux !

 

Résigné, le mineur baissa la tête sur ce verre d'eau quand, tout à coup, il entendit la foule clamer :

 

- Une chanson, une chanson.

 

Il se retourna et vit un barde monter sur une table et commencer à jouer de son instrument.

 

- Allez Breth, au boulot, sinon j'ajoute cette tournée à ta note ! Cria le tavernier derrière son comptoir.

 

Gurlig sursauta sur son tabouret.

 

- Breth ? Le grand Breth Harken ? interrogea-t-il.

 

- C'est sûr que toi tout le monde doit te paraître grand ! Répondit l'homme avant d'éclater de rire.

 

Gurlig reprit soudain espoir, il se prit même à fredonner l'air entraînant du barde et à savourer son eau.

 

- Grâce à lui, c'est certain je suis tiré d'affaire, se dit-il en regardant le spectacle.

 

Toute la taverne était en joie, les fées qui servaient les clients virevoltaient avec panache et gaieté. Lorsque l'artiste termina son spectacle et rejoignit un acolyte à une table, Gurlig sauta de son tabouret afin de rejoindre sa seule chance de rentrer chez lui vivant.

 

Vous êtes encore là ? Désolé, mais toutes ces histoires de taverne, moi ça me titille le palais. Je vais aller savourer une liqueur de quinze ans d'âge à la taverne.

 

Quoi ? La suite de l'histoire ?

 

Ah oui, je comprends, la suite c'est Breth Harken, lui-même, qui vous la raconte ! Non je ne blague pas, cliquez sur ce lien et dites-lui que vous venez de ma part, il vous la chantera peut-être ... ou pas.

 

Allez, en attendant de nouvelles histoires, portez-vous bien et Kenavo !

 

Texte d’Olivier le Gall

 

n.b. : Chevaliers-eugord et centaures sont des créatures que vous retrouvez en effet dans « La trahison des alchimistes »... Ci-dessous, le lien vers ma page consacrée à ce premier roman "La trahison des alchimistes", et bien sûr, un autre vers le monde très riche d'Olivier le Gal, alias Mojenn...

Gurlig et le pays de C'hoarzh
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Olivier Le Gal 20/05/2021 12:59

Aarrrrggg tu as mis 2 "L" à Le Gal ! Noooon ! Bon, pour les non-initiés cela peut arriver, mais je suis Olivier Le Gal et non Olivier Le GaLL (Oui je chipote). J'espère néanmoins que cette histoire vous aura plu. Breth Harken va-t-il nous raconter comment lui et son compère ont brillamment aidé Gurlig ? ????