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Mage de bataille de Peter A. Flannery

Quatrième de couverture :

« Falco Danté est un gringalet dans un monde en guerre peu à peu conquis par l'armée infernale des Possédés. Pire, Falco est méprisé, mis à l’écart, à cause de son père qui fut un immense mage de bataille avant de sombrer dans une folie meurtrière. Alors que la Reine tente de rassembler toutes les forces armées pour repousser les Possédés, Falco prend une décision qui va l'amener aux marges du désespoir : il va entrer à l'académie de la guerre, une école d’excellence pour les officiers. Là, il devra surmonter ses doutes, ceux de ses amis et même ceux de la Reine.

Le monde brûle ; seul un mage de bataille pourra sauver ce qu'il en reste. Falco réussira-t-il à libérer son pouvoir, à invoquer un dragon à sa mesure ou succombera-t-il à la folie... comme son père ?

Porté par son héros meurtri, condamné à se dépasser face au mal absolu, Mage de bataille a rencontré un formidable succès dans les pays anglo-saxons. »

Le découpage de la couverture est plutôt bien vu, et réussi : tome 1 et 2 qui se partagent une même illustration… Original…

Le découpage de la couverture est plutôt bien vu, et réussi : tome 1 et 2 qui se partagent une même illustration… Original…

Alléché par une couverture et ce résumé bien tourné, je me suis lancé cet été dans la lecture de « Mage de bataille ». L’illustration est pas mal, et elle n’est pas trompeuse sur l’atmosphère que peut dégager le roman dans sa description des batailles… Ben oui, car il va être question de bataille, tout de même, et point fort du roman, on n’a pas besoin d’attendre la fin du troisième tome (ni même la fin de ce premier opus) pour avoir droit à une belle bataille sauvage, sanglante et cruelle, pleine de rebondissements… Comme je les aime…

Si je commence par cette petite analyse de la description d’une bataille, c’est qu’en tant que (modeste) romancier, je trouve l’exercice très difficile… Difficile de ne pas tomber dans les poncifs, difficile de renouveler son vocabulaire, difficile de surprendre son lecteur avec cet exercice incontournable. C’est que lecteur de fantasy, il en a vu des batailles, depuis la bataille du gouffre de Helm, à celle de Port-Real, en passant par les combats de Conan ou Eragon. Faut pas lui en raconter, à notre lecteur, il veut être dans le feu de l’action, ressentir la peur, le dégoût, la rage, le courage, mais il veut aussi de l’innovation, que ça ne soit pas trop long, ni trop court… Bref, il est exigeant. Eh bien moi, je dis, que sur ce point, rien que pour notre chapitre bataille, le bouquin de Flannery vaut le détour…

Maintenant, il y a aussi de la magie… Je ne vous apprends rien, c’est dans le titre ! Et là vous vous dîtes, ça va coincer, on le connaît. Eh non, ce n’est pas là que le bât blesse. Le système de magie est très intéressant, bien qu’encore à l’état embryonnaire dans ce premier tome. Il n’est pas sans rappeler Eragon de Christopher Paolini que j’évoquais un peu plus haut, puisqu’il y est question de liens entre les mages et les dragons qu’ils invoquent. Ces derniers étant indispensables pour repousser les Possédés qui déferlent sur le monde telles des hordes de morts-vivants. Ajoutez à cela qu’ils sont dirigés par des démons surpuissants et éminemment maléfiques, et vous pourriez vous représenter (à raison) d’immenses batailles, celles qu’un Froideval n’aurait pas renié ! Froideval était l’auteur des chroniques de la lune noire, une BD fantasy excellentissime où il dépeignait avec délices des batailles monstrueuses et chaotiques comme jamais on en a dessiné depuis…

Mais je m’égare, comme à chaque fois dans mes chroniques. Ma longue absence ne m’a pas changé, j’ai toujours les mêmes défauts !

Donc, je résume, on a des mages, des dragons, des Possédés morts-vivants, des démons, un royaume divisé, des ambitions secrètes, une reine affaiblie, des batailles monstrueuses… Où est le problème ? Car il y a bien un problème, n’est-ce pas ?

Hélas oui, même si le livre vaut le détour et a connu un petit succès outre-Manche, il a à mes yeux, le plus gros défaut des ouvrages de fantasy classiques. Il s’agit d’un poncif qui me rebute tellement que j’évite d’ouvrir le livre (et donc de l’acheter), si je sais que l’auteur va nous imposer… tout le parcours initiatique de son jeune héros.

Eh oui, il est là le gros défaut de l’ouvrage, lorsque le jeune Falco Danté se découvre quelques talents, qu’il découvre en même temps ce passé sur son père que l’on essaye de lui dissimuler, il va entrer à l’académie pour développer son don pour la magie. Et comme il s’est fait quelques amis en chemin, l’auteur nous impose son apprentissage, mais aussi celui de ses compagnons (un chevalier, une archère…) avec son lot d’incontournables mille fois vus sur les écrans ou lus dans les romans : la peur de l’échec, la vie de groupe, les doutes, le byzutage, l’abnégation qui force le respect… tout y est et on échappe (hélas) à aucun de ces écueils. Son passage à l’académie, qui occupe toute la seconde partie du livre, ralentit sérieusement le rythme, à un tel point que je vous avouerai avoir eu du mal à le finir. Heureusement que le début était vraiment prenant et original !

Qu’ont-ils donc tous à vouloir nous imposer l’apprentissage (souvent neuneu) de leurs héros ? Ne leur a-t-on pas dit à ces auteurs que depuis un certain Harry Potter, tout avait été dit et fait dans ce domaine avec un talent qui ne sera probablement jamais égalé ? Alors épargnez-nous ce passage que vous croyez obligé ! Le voyage initiatique est plus original, l’image du mentor peut aussi être utilisé pour éviter ce piège, ou alors faites nous un héros malgré lui, qui n’a pas besoin de passer par l’école pour devenir vraiment attachant et intéressant. Que l’aventure démarre sans attendre, ne nous imposez plus ces pages interminables où l’on mesure le progrès de notre héros à l’aune de ses échecs (ça ne veut rien dire, je sais, mais ça sonnait bien… lol).

Je sens que je pars en vrille, désolé, alors je conclus : « mage de bataille », est un roman de fantasy plutôt bien écrit et agréable, que je recommande à ceux qu’un long apprentissage (250 pages tout de même), ne rebute pas. Le monde est intéressant, et on a envie de savoir comment notre jeune Falco va s’affirmer, dompter son dragon, et se colleter aux Possédés et aux démons… mais ça, c’est dans le tome 2 (enfin j’espère)… Je vous dirais quand je l’aurais lu…

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O
Voilà qui donne envie de lire. Mais, pour moi, l'heure est à l'écriture ????
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B
Hello Olivier, pourquoi les points d'interrogation ????