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Que vaut « La roue du temps », la nouvelle série fantasy d’Amazon ?

Que vaut « La roue du temps », la nouvelle série fantasy d’Amazon ?

Les trois premiers épisodes sont accessibles sur la plateforme depuis vendredi dernier. Que vaut elle ? Les fans de fantasy ont été assez souvent déçus ces derniers temps : Cursed, un navet sans fond, The witcher, un début honorable pour une fin lamentable, on peut se sentir orphelin depuis la fin de GOT.

- Tu abuses quand même ! Il y a eu l’écuyer du roi que tu avais apprécié, il me semble. (Harken est là bien sûr, comme toujours, et ne se prive pas d’intervenir pour me couper dans mon élan). Malgré le côté un peu enfantin, il faut bien le dire, j’avais été étonné que tu apprécies cette série. J’espère que ce ne sont pas des gamins que l’on retrouve dans « La roue du temps ».

- Non, c’est un écueil évité par la série, et c’est bienvenu d’avoir un peu vieilli les personnages du roman de Robert Jordan. Nos jeunes héros ont la vingtaine et n’en sont que plus crédibles. Le casting est d’ailleurs un des points forts de la série.

- J’adore Rosamund Pyke, rien que pour elle, je crois que je vais regarder les premiers épisodes, même si tu me dis ensuite que la série est nulle. Parce que moi, je dois le confesser à nos lecteurs, je n’ai rien vu de la série.

- Il est vrai que…

- Quoi ? me coupe Harken. Que la série est nulle ?

- Non, si tu pouvais arrêter de me couper tout le temps ce serait plus simple pour tout le monde. Je voulais abonder dans ton sens. Il est vrai que Rosamund Pyke crève l’écran dans ces premiers épisodes. Elle y tient le rôle de l’Aes sedai Moiraine. Les Aes sedai sont des sorcières qui maîtrisent le pouvoir unique

- La magie, me coupe à nouveau Harken. Autant dire les choses simplement.

Il commence sérieusement à me courir sur la haricot… Oui, je sais, expression désuète qui n’a plus été utilisée depuis le XIXème siècle… Je me râcle la gorge pour lui signifier les désagréments qu’il m’impose par ses interruptions régulières, et je reprends d’un voix posée.

- Oui, le pouvoir unique est l’expression de Jordan pour parler de  la magie. Ces Aes sedai sont en quête du dragon réincarné, celui ou celle qui sauvera ou détruira le monde. Eh oui, il faut une bonne prophétie pour faire de la fantasy. De toute façon, là aussi, c’est dans le livre de Jordan.

- Doit-on en déduire que la série est fidèle au roman ?

Enfin une réplique constructive… Pas trop tôt, vous aurez compris qu’il est là pour ça 😉

- Oui et non. Pour ce que j’en ai vu (trois épisodes donc), il y a des raccourcis scénaristiques plutôt bienvenus. Nos héros progressent plus rapidement. Pas besoin d’attendre 250 pages pour qu’ils arrivent à la cité de Shadar Logoth, on zappe le passage par la petite ville dont j’ai oublié le nom, et surtout, l’attaque des trollocs arrive assez vite (dès le premier épisode)…

- Les quoi ?

- Les Trollocs.

- Attends, laisse-moi deviner, eux c’est des pas gentils, se gausse mon ami. Un mélange de trolls et d’orques, je parie.

- Oui, des "pas gentils" comme tu dis. Des monstres plutôt réussis et effrayants, dignes héritiers des orques et des gobelins du seigneur des anneaux. Des êtres cornus, poilus, aux crocs acérés et baveux, avec des membres inférieurs semblables à ceux des satires. Ils sont vraiment réussis, et le blafard qui les commande est conforme à la description de Jordan. Là, on est dans une vraie bonne surprise, les monstres sont crédibles, puissants, rapides, effrayants.

- Humm. Tu me tentes de plus en plus.

- Surtout que les décors sont assez réussis, les paysages assez variés et parfois féériques.

- Ca fait vraiment penser au seigneur des anneaux. Ne me dis pas qu’ils ont tourné en Nouvelle Zélande ?

- Non, et de toute façon, les paysages sont quand même loin d’être aussi imposants et féériques que dans le seigneur des anneaux. Néanmoins, la comparaison s’impose avec Tolkien (mais déjà avec le roman, pas juste la série). Les jeunes héros, même leurs noms font penser aux hobbits. Il y Rand (Josha Stradowski), le forgeron Perrin (Marcus Rutherford), la fille de l’aubergiste Egwene (Madeleine Madden), le joueur et voleur Mat (Barney Harris), et la Sage-Dame (ou guérisseuse) Nynaeve al’Meara (Zoë Robins).  Ils sont précipités malgré eux dans une quête qui les dépasse car l’un d’entre eux est peut-être le nouveau dragon réincarné. Ils échappent aux Trollocs en passant un gué (ça ne vous rappelle rien ?).

- C’est carrément du plagiat.

- Robert Jordan ne s’est jamais caché de ses inspirations Tolkienniennes. La vraie originalité de son œuvre, et qui est nécessairement respectée dans la série, c’est la prédominance des femmes dans l’usage de la magie. Une magie plutôt bien rendue, à coup d’effets visuels assez spectaculaires. Une forme de Matriarcat en quelque sorte.

- Oh, comme dans ton bouquin dis-donc. Les amazones et leur matriarcat.

Tiens une digression en forme de pub (je ne vais pas censurer, lol… Lisez donc « la trahison des alchimistes, vous comprendrez)…

- Oui, bon, je ne sais plus où j’en étais avec tes interruptions !

- Tu n’as qu’à juste nous dire si tu nous recommandes de regarder.

- Les trois premiers épisodes sont assez réussis, avec un casting international pour plaire à toutes les communautés, comme il se doit désormais sur ces plateformes.

- Oh je sens poindre un bémol, se moque Harken.

- Les personnages principaux sont bien, le champion oriental, nickel. Les cinq jeunes qui représentent aussi la diversité, rien à redire, vraiment ils jouent bien. Mais alors les capes blanches (genre de templiers fanatiques) sont mieux dans le roman que dans la série. Le confesseur noir, vraiment pas bon, pas crédible. Leurs interventions sont mauvaises, leurs dialogues tombent à plat. J’ai peur que par la suite, on retrouve des erreurs de casting, des paysages un peu répétitifs, bref que l’on sombre dans une forme de facilité qui desservirait l’histoire.

- Tu émets donc quelques réserves ?

- Oui, parce que j’ai vu des séries qui débutaient bien et qui s’enlisaient ensuite. Je pense à The witcher. Néanmoins, au vu des trois premiers épisodes, le positif l’emporte largement, et je le recommande chaudement.

- Eh bien voilà, c’est ce que l’on voulait savoir depuis le début. En fait, tes critiques, faudrait les commencer par la fin, s’esclaffe mon compagnon.

- En tous cas, je m'engage à revenir vers vous à la fin de la saison 1, pour vous dire si la série, au final aura tenu toutes ses promesses. Comptez sur moi pour faire preuve d'impartialité. 

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