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Hellboy

Hellboy

Il est une chose à savoir avant de commencer, Hellboy (2019) est un reboot, et me direz-vous avec raison, c’est très à la mode dans le cinéma fantastique ces dernières années, et pas toujours gage de qualité. Je n’ai rien contre, cela s’explique par les progrès des effets spéciaux, qui permettent de montrer ce que jadis des génies comme Ray Harryhausen ne faisaient que bricoler (fabuleux auteur d’effets visuels et créateurs de monstres des années 60 et 70, depuis Jason et les argonautes en 1963, jusqu’au choc des titans en 1981). D’autres que lui, qui n’avaient ni son talent, ni le budget, devaient se contenter de suggérer, sinon à risquer de sombrer dans le ridicule, et là, les films sans grands effets qui ont osé montrer l’in-montrable, il y en a légion. Certains sont culte, d’autres des séries Z, d’autres de beaux nanars… Alors on peut comprendre les reboot, ne commençons pas avec les procès d’intention ! Je dis cela parce que les puristes de Hellboy, il y en a un paquet, ont descendu le film avant même sa sortie sous prétexte qu’il ne fallait pas revisiter le mythe ! (alors je ne vous dis après 😉)

Faut dire qu’à l’origine, pour le cinéma, j’entends, l’association de Guillermo Del Toro, réalisateur espagnol génial de la première adaptation, et de son premier interprète tout aussi cultissime, Ron Perlman, avait mis la barre assez haute. Le défi à relever s’annonçait compliqué. Alors a-t-il été relevé ?

Hellboy
Hellboy

Hellboy est un film fantastique américain réalisé par Neil Marshall, sorti en 2019. Il s'agit donc du 3e film adapté du personnage de comics Hellboy créé par Mike Mignola, après Hellboy (2004) et Hellboy 2 : « Les Légions d'or maudites » (2008) réalisés par Guillermo Del Toro, comme je viens de le préciser. Il s'agit d'un reboot, qui ne prend donc pas en considération les deux précédents films que j’avais trouvé pas mal, sans plus, malgré la prestation remarquable de Ron Perlman. Mais je ne suis pas ici pour évoquer ces deux premiers volets, tout juste puis-je regretter qu’il n’y ait pas eu ce troisième volet, longtemps projeté, pour devenir une trilogie. À l’origine, Guillermo del Toro était partant pour réaliser ce troisième film. Mais le succès commercial mitigé de Hellboy 2 : « Les Légions d’or maudites » l’en a empêché. À la place, le réalisateur de « La Forme de l’eau » a proposé à Mike Mignola, le créateur des comics, d’adapter son troisième film sous forme de comics justement . Un projet tué dans l’œuf par le dessinateur lui-même :

"Je pense que del Toro m’en a parlé une fois, et j’ai dit non, confie-t-il. Je me suis dit, laissez les comics être des comics. Ils sont suffisamment déroutants pour les gens. Ne faisons pas deux versions différentes du comics de Hellboy."

N’ayant donc pas le blanc-seing du créateur du comics éponyme, le reboot de Hellboy partait avec un handicap. Ceci explique peut-être cela…

Sorti en mai 2019, le reboot de Neil Marshall a fait un flop commercial, avec 44 millions de dollars de recettes au box-office mondial pour un budget de 50 millions. Un échec cuisant à côté des deux premiers films de Guillermo del Toro sortis en 2004 et 2008, très adulés par les fans. Ce désamour, David Harbour, le comédien qui incarne le monstre rouge, (le shérif de « Stranger things ») l’explique de la façon suivante :

« Les aficionados des films originaux détestaient l’idée d’un reboot. (pas tort en effet). Je pense que le film a été un échec avant même que nous commencions le tournage, parce que les gens ne voulaient pas qu’on fasse le film, explique-t-il dans une interview pour le média Indiewire. Guillermo Del Toro et Ron Perlman ont créé cette chose iconique que nous pensions pouvoir réinventer mais les fans – sur internet – ont décrété la chose suivante ‘On ne veut pas que vous touchiez à ça.’ Pourtant, nous avons réalisé un film que je trouve fun et qui avait quelques problèmes mais fun malgré tout, et puis les gens n’ont vraiment pas apprécié. C’est leur droit, mais j’ai retenu la leçon de plein de manières différentes."

Je ne suis pas loin de partager son avis, parce que n’étant pas de ces afficionados, je trouve le film plutôt réussi. Ca part dans tous les sens, mais le film finit par retomber sur ses pattes. C’est visuellement très bien fait, des images extraordinaires que seul un reboot de 2019 pouvait faire, (les démons ont vraiment de la gueule et il y en a partout). L’influence des cinématiques internet à la mode « ligue of legend », « World of warcraft » ou « Diablo » est manifeste.

Mais le plus gros atout, ça reste malgré tout le côté un peu original du scénario qui parvient à nous surprendre malgré les clichés qui ne manquent jamais à ce type de film.

A l’origine, Hellboy est une série de comics mettant en scène le personnage éponyme, écrite et dessinée par Mike Mignola. Elle est constituée de one-shots et miniséries publiés par Dark Horse Comics aux États-Unis et traduits par Delcourt (qui succède à Dark Horse France) en France.

Que raconte Hellboy et d’où vient-il ?

Anung Un Rama est né de l'union d'un démon et d'une humaine, et a vécu en enfer pendant sa jeunesse, jusqu'à ce qu'il soit invoqué en 1944 par Raspoutine. Le moine, ayant survécu à son assassinat de 1916, avait été engagé par Heinrich Himmler et travaillait donc pour le compte des nazis. Ces derniers comptaient utiliser la créature pour changer l'issue de la Seconde Guerre mondiale, mais l'invocation ne se déroula pas comme prévu et Anung Un Rama fut finalement recueilli et élevé par l'armée américaine et le professeur Trevor Bruttenholm, qui lui donna son nom : Hellboy (littéralement : « garçon de l'enfer »). Dans un bref flash back, cette enfance est rapidement évoquée. Devenu adulte, il a intégré une agence spécialisée dans la lutte contre les menaces paranormales, le Bureau for Paranormal Research and Defense (le B.P.R.D.)

Il est aidé dans ses enquêtes par Liz Sherman, qui possède des talents de pyrokinésiste, et Abraham « Abe » Sapien, une créature amphibienne. Au fur et à mesure des épisodes, la distribution s'étoffera avec de nouveaux alliés comme Roger l'homoncule ou Lobster Johnson, un héros du passé. Si ces personnages sont absents de ce volet, Liz Sherman est bien présente (jouée par Sasha Lane).

Dans les Comics d’origine, Hellboy rompt un moment avec le B.P.R.D. et décide de mener sa propre existence. Sa quête le conduira à remonter les origines de sa lignée maternelle, liée à la royauté britannique, et à combattre le retour de la Reine des Sorcières…

Et justement, de reine des sorcières, il est question dans ce reboot. Elle est incarnée par Milla Jojovitch, trop peu présente à mon goût au cinéma, un talent inexploité, même si elle a un peu tendance à être cantonnée à ce genre de rôle… Celui de femme surpuissante, dotée de pouvoirs, et particulièrement apte à décocher des baffes et des coups de lattes si vous voyez ce que je veux dire…

Le casting n’est donc pas mauvais. On y retrouve aussi avec plaisir Ian Mac Shane (fabuleux dans les séries « American gods » et « Deadwood »), et le sud-coréen Daniel dae Kim ( vu dans les séries « Lost » ou « Hawaï 5-0 »).

Parmi les influences évidentes (et revendiquées) de Mike Mignola pour Hellboy (le comic, pas le film), on peut citer Howard Phillips Lovecraft, Jack Kirby ou Edgar Allan Poe. Il faut bien admettre que cette version s’en éloigne un peu. Ce n’est pas parce qu’il y a beaucoup de démons que c’est du Lovecraft ou du Edgar Allan Poe ! En revanche, puisque l’un des principes originels de ce Comics est la lutte contre les formes obscures, cela permet à l'auteur de puiser dans une source intarissable d'inspirations. On y retrouve ainsi des références à la démonologie (Astaroth), à l'histoire (Barbe Noire), à la littérature (Cthulhu, la poésie), aux religions et à de nombreuses mythologies : égyptienne (Anubis), grecque (Hécate), slave (Baba Yaga), celte (Le Roi Arthur, la Fée Morgane)…

L’influence celte est bien présente dans cette version 2019 avec les apparitions de Merlin, du roi Arthur, et donc, bien évidemment, de sa fameuse épée Excalibur… Cela n’en fait pas un film de fantasy pour autant, mais cela a titillé en moi quelques cordes sensibles. Au final, en mélangeant tous ces ingrédients, on obtient un melting pot qui ne manque pas de punch, avec des changements de rythmes et d’univers qui sont plaisants à regarder. Ce Hellboy m’a fait penser par certains aspects au Sucker punch (2011) de Snyder, lui aussi boudé par la critique (décidément). Alors, faites-vous un avis vous-même, regardez-le, ne vous laissez pas abuser par les mauvaises critiques et autres pseudos puristes un peu coincés, sans être un chef d’œuvre, c’est distrayant, dépaysant, et c’est bien ce dont on a besoin en ce moment…

David Harbour, le shériff de strange things, incarne Hellboy.

David Harbour, le shériff de strange things, incarne Hellboy.

Hellboy avec son père, le professeur Bruteenholm (Ian Mac Shane)

Hellboy avec son père, le professeur Bruteenholm (Ian Mac Shane)

La reine des sorcières, Viviane Nimue, est incarnée par Milla Jojovitch

La reine des sorcières, Viviane Nimue, est incarnée par Milla Jojovitch

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