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Legend

Darkness, le démon de Legend... D'ailleurs, le film devait au départ s'intituler "legend of Darkness". Un maquillage extraordinaire que l'on doit à Rob Bottin, un maître dans son domaine.

Darkness, le démon de Legend... D'ailleurs, le film devait au départ s'intituler "legend of Darkness". Un maquillage extraordinaire que l'on doit à Rob Bottin, un maître dans son domaine.

Après Excalibur, chef d’œuvre de reconstitution des légendes arthuriennes, et Conan, classique parmi les classiques de l’heroic fantasy pur, notre troisième pilier est plus féérique que heroic, mais il a aussi contribué à développer le genre et même à le faire progresser. Quand on y regarde d’un peu plus près, nos piliers du cinéma « heroic fantasy » reposent sur de solides fondations. John Boorman, pour « Excalibur », c’est quand même une pointure (« Délivrance », « la forêt d’émeraude », « Rangoon »), « Conan », c’est avant tout sur son acteur principal qu’il repose et on sait ce qu’il est advenu de Schwarzy après ce rôle taillé pour lui… Une mégastar devenue gouverneur de Californie, un temps pressenti pour devenir président of united states (et quand on voit le Donald qu’ils ont hérité, on se dit que Conan Terminator aurait fait un grand, très grand président). Mais revenons à notre troisième pilier… « Legend » ! Là encore, le film est l’œuvre d’un surdoué du cinéma, un artiste avec un grand A… Monsieur Ridley Scott, réalisateur entre autres chefs d’œuvre de « Alien », « Blade runner », « Thelma et Louise », « Gladiator », « Prometheus »… A l’époque, il n’avait dans ses bagages « que » deux de ces chefs d’œuvre : « Alien », et « Blade runner » puisque ce n’était que son quatrième long métrage.

Cette sorcière n'aurait elle pas inspirée les gobelins et autres créatures du seigneur des anneaux de Peter Jackson, 30 ans plus tard.

Cette sorcière n'aurait elle pas inspirée les gobelins et autres créatures du seigneur des anneaux de Peter Jackson, 30 ans plus tard.

Le scénario est ultra simple, certains diront simplistes et ils n’auront pas tout à fait tort car ce n’est pas le point fort du film. Je résume donc : dans un monde imaginaire où la paix et l'harmonie sont maintenues grâce à la magie d'un couple de licornes, vivent la princesse Lili, et Jack, un jeune homme pour qui la nature semble ne pas avoir de secret. Dans cette contrée, le démon Darkness, tapi dans l'obscurité, n'attend qu'une occasion pour s'emparer des licornes et les tuer, ce qui engendrera une nuit éternelle, et ce qu’il ne manquera pas de vouloir faire avec la complicité involontaire de Jack. Ce dernier, avec l'aide de lutins et d'une fée capricieuse, devra tout faire pour rétablir ce qu'il a contribué à détruire, et ce avant qu'il ne soit trop tard... Voilà le pitch.

 

- C’est vrai que c’est simpliste, encore plus linéaire que Conan qui ne brillait pas pour l’originalité de son scénario ou de ses rebondissements. Néanmoins, ce film a bien plu à Johnny Deep et Vanessa Paradis puisqu’ils ont baptisé leurs deux enfants du prénom de nos deux héros. Lili, qui supplante désormais sa mère en notoriété, et Jack, joué à l’époque par un jeune premier du nom de Tom Cruise.

 

- Tu me l’enlèves de la bouche, Harken. Mais le point fort du film, c’est avant tout ses décors, ses maquillages, sa photographie, sa lumière. On n’avait jamais vu autant de féérie, de sorcellerie, de créatures et de paysages fantastiques réunis à l’écran sur un même plan. Le film reçut d’ailleurs quelques récompenses et distinctions : le prix de la meilleure photographie, lors de la British Society of Cinematographers de 1985, une nomination à l'Oscar des meilleurs maquillages (Rob Bottin et Peter Robb-King) en 1987. Rob Bottin était déjà une pointure, question maquillage et effets spéciaux, il s’était déjà fait la main sur « King Kong » (la version de 1976), « Hurlements », « Le loup garou de Londres », « The thing » et travaillera plus tard sur d’autres chef d’œuvre comme « Total recall » ou « Robocop ». Il a conçu pour l'occasion un nouveau type de maquillage, à base de silicone, permettant une meilleure expression faciale des comédiens. Il faudra attendre les années 1990 et la généralisation des effets numériques pour « ringardiser » les effets de ce grand monsieur du cinéma fantastique.

 

- Je te propose d’en voir le résultat sur l’extrait ci-dessous, c’est vrai que c’est fabuleux, et qu’à l’époque, les spectateurs ont été bluffés. Cette sorcière et ces gobelins ne sont pas sans me rappeler les créatures de Peter Jackson. Je gagerai qu’il a vu le film et qu’il s’en serait inspiré.

- Tout a été tourné en studio, et le résultat est quand même spectaculaire. Les plateaux sont ceux des studios Pinewood qui servent aux tournages des 007, et ils ont été incendiés le 27 juin 1984, notamment le plus imposant du film (celui de la forêt). Ridley Scott fut alors contraint de revoir l'agencement de certaines séquences. Un grand coup de chapeau à lui et aussi à Rob Bottin qui ont ouvert la voie à ce cinéma qui ne pouvait que grandir si l’on était capable de mettre à l’écran des créatures vraiment crédibles dans des paysages de légende… D’où le nom du film à mon sens, et sa distinction méritée.

 

- Distinction méritée, permets moi de douter. Le film a été un échec commercial, rapportant environ 15 000 000 $ au box office US pour un budget de 25 000 000 $. Je te laisse établir le manque à gagner, c’est vite fait. En France il n’a réalisé que 765 156 entrées, ce qui aujourd’hui ferait bien des heureux, mais à l’époque c’était décevant.

 

- Oui, tu n’as tort, le succès de Conan n’a pas été réédité avec ce film, mais il est vrai que ce n’est pas la même « fantasy »… Moins « heroic », plus « féérie ». Je tenais quand même à le réhabiliter ici sur notre blog. Et puis il y a le démon… Inoubliable avec sa peau ocre, ses cornes immenses, ses pupilles reptiliennes, sa stature, sa voix gutturale… Son rire démoniaque.

 

- Ah Breth, je retrouve là ton style plein d’emphase « pupille reptilienne, peau ocre, voix gutturale », je crois me souvenir que cette description et ce démon se retrouvent dans ton roman « la trahison des alchimistes ». Je sais désormais d’où t’es venue l’inspiration.

 

- Oui, je ne le nie pas, mon démon est bien celui de « Legend ». D’ailleurs, pour le plaisir, je vous propose de le réécouter, et de finir sur ce qui est à mon sens, le second rire le plus démoniaque de toute l’histoire du petit et du grand écran (le premier étant celui qui conclue le clip « Thriller » de Michael Jackson).

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